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30/09/2016

Les villes européennes veulent s’impliquer dans la formation numérique

Innovation & Entreprises

Les villes européennes veulent s’impliquer dans la formation numérique

Les exigences en compétences digitales varient d’un pays à l’autre. [Lucelia Ribeiro_Flickr]

Les autorités des grandes villes européennes veulent être impliquées activement dans  le développement des compétences numériques, la lutte contre le chômage et la formation des citoyens au monde professionnel de demain.

Le nombre de citoyens européens en situation d’inactivité (déscolarisé, sans emploi ou sans formation) est en hausse. Beaucoup ne possèdent pas les connaissances de base nécessaires pour s’intégrer à l’économie moderne, ce qui a des retombées négatives sur le chômage chronique et les inégalités.

Selon la Commission européenne, plus de 40 % des Européens ne possèdent pas les connaissances numériques de base. Elle prévoit que 756 000 postes ne pourront être pourvus dans le secteur des industries high-tech d’ici à 2020 en raison de cette évolution des compétences.

La Commission a donc décidé de s’atteler au problème en élaborant une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois. Cette initiative prévoit de fournir de plus en plus de connaissances aux Européens en mettant en relation l’éducation et les entreprises ainsi qu’en valorisant les savoir-faire acquis en dehors du milieu universitaire.

>> Lire : Le codage à l’école a convaincu une quinzaine de pays européen

Dans le cadre de ce projet, la Commission européenne invite les parties prenantes à s’impliquer dans l’amélioration de la qualité et la pertinence des formations. Ainsi, il sera plus simple d’accéder à ces compétences et de les comparer dans les différents pays européens. Cette initiative permettra également aux Européens d’améliorer leur choix de carrière.

« Les autorités locales connaissent les enjeux du marché du travail local et sont proches des citoyens. Elles ont donc toutes les clés en main pour travailler sur la stratégie pour les compétences nouvelles et les emplois en Europe », a déclaré le réseau de  villes européennes Eurocities.

Le réseau souligne que les villes ont une meilleure connaissance du marché du travail local et sont donc capables de développer les compétences adaptées à leurs besoins. Le développement de formations destinées aux jeunes et aux chômeurs chroniques dans les secteurs prioritaires permettrait aux autorités locales de stimuler la création d’emplois qualifiés.

Les exigences en compétences numériques varient d’un pays à l’autre. C’est pourquoi Eurocities salue le choix de se concentrer sur les actions locales dans la stratégie des compétences nouvelles.

« Nous sommes très satisfaits que le rôle des villes soit reconnu dans le cadre de cette stratégie. » a affirmé Anna Lisa Boni, secrétaire générale d’Eurocities.

Les industries de la santé et de la technologie sont les secteurs qui, selon la Commission européenne, ont le plus de difficultés pour trouver des employés qualifiés.

En début de semaine, la Commission avait annoncé sa volonté de faciliter le recrutement de non-Européens en Europe grâce à la carte bleue européenne destinée aux travailleurs qualifiés.

Selon Dimitris Avramoupoulos, commissaire aux migrations et aux affaires intérieures, ce programme devrait s’apparenter à la « Green Card » américaine dans la mesure où l’UE prévoit de perdre près de 20 millions d’actifs d’ici à 2036.

>> Lire : Le programme européen de visas peine à concurrencer la « green card »

 

Contexte

Selon le rapport de la Commission européenne, le secteur des technologies européen ne pourra pas pourvoir 756 000 postes d’ici à 2020. En février, la Commission a publié un classement des compétences digitales et de la connectivité internet. Günther Oettinger, commissaire à l’énergie, a déclaré : « Il faut admettre que l’Europe est en retard. »