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01/10/2016

L’UE revoit son plan acier sous la pression chinoise

Innovation & Entreprises

L’UE revoit son plan acier sous la pression chinoise

L'industrie sidérurgique européenne menacée par la Chine.

JWPhotowerks/Flickr

Pékin a convaincu l’UE de revoir ses surcapacités dans la sidérurgie à la baisse. En Europe, on s’inquiète de l’attitude conciliatrice de Bruxelles vis-à-vis des importations chinoises à bas prix.

Différents projets de propositions que la Commission européenne doit dévoiler mercredi pour protéger une sidérurgie européenne en grande difficulté montrent que les estimations des surcapacités chinoises ont été revues à la baisse de près de 20%.

Cette révision, qui a ramené les estimations de 400 millions de tonnes initialement à 350 millions puis à 325 millions dans le document le plus récent obtenu par Reuters, résulte des plaintes chinoises, a dévoilé un haut fonctionnaire européen.

« Les chiffres ont été révisés après que la Chine a contesté nos données », a-t-il indiqué, après une réunion qui s’est tenue cette semaine à Pékin.

Du côté de l’exécutif, on se refuse à tout commentaire officiel sur les projets de propositions.

Les sidérurgistes, avec l’appui de pays tels que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, poussent la Commission à déployer toute son énergie pour repousser les importations très bon marché de sidérurgistes chinois dont les surcapacités sont notoires.

>> Lire : La France peine à faire renforcer les barrières douanières face à la Chine

Même si l’UE a infligé des droits anti-dumping à plusieurs sidérurgistes chinois, leurs concurrents européens, dont la production annuelle ne représente plus que 170 millions de tonnes, imputent aux Chinois la perte de 20% des emplois du secteur depuis 2008 et craignent encore des fermetures de sites.

Le plan que la Commission doit exposer mercredi, à l’issue de la réunion hebdomadaire de ses 28 commissaires, prévoit une série de mesures pour couper court des importations chinoises qui, selon l’un des documents, ont plus que doublé en trois ans.

>> Lire : Le dumping chinois menace la sidérurgie européenne

Parmi elles, figure un mécanisme de protection censé se déclencher si les importations augmentent fortement, des droits anti-dumping plus lourds et un système d’imposition accélérée de droits punitifs pour les importations exagérément bon marché.

Ces propositions risquent de mécontenter certains acteurs du secteur et leurs appuis publics. Ainsi, la France veut que la période d’enquête avant d’imposer des sanctions provisoires soit ramenée de neuf à deux mois, alors que le projet de l’exécutif ne dit rien de particulier sur la période en question.

L’exécutif européen mentionne enfin d’autres moyens de défense pour l’UE si la Chine obtient de Bruxelles le statut d’économie de marché en décembre, ce que Pékin désire ardemment et ce que redoutent les sidérurgistes européens car, selon eux, il serait alors plus difficile de pénaliser les produits chinois.

>> Lire : La reconnaissance de la Chine comme économie de marché divise l’UE