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03/12/2016

Que représente le commerce de produits piratés ?

Innovation & Entreprises

Que représente le commerce de produits piratés ?

La contrefaçon pèse lourd sur l'économie mondiale.

[Michael Cory/Flickr]

Dans l’Union Européenne, les produits piratés représentent jusqu’à 5% de l’ensemble des importations, selon  une étude de l’OCDE et  de l’Office de l’Union européenne. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Selon une étude menée conjointement par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO, ex-OHMI), la valeur mondiale des importations de biens contrefaits s’est élevée à 461 milliards de dollars en 2013, soit environ 338 milliards d’euros. Soit 2,5% de l’ensemble du commerce mondial.

À noter, le rapport de l’OCDE et de l’EUIPO, qui n’intègre pas le piratage en ligne, porte sur les données provenant de près d’un demi-million de saisies douanières réalisées dans le monde entre 2011 et 2013.

Dans l’Union Européenne, les produits piratés représentent jusqu’à 5% de l’ensemble des importations, soit 85 milliards d’euros presque « l’équivalent du déficit budgétaire de la France en 2014 », estime ce rapport.

Les Etats-Unis au premier rang des pays touchés

Les pays les plus touchés par la contrefaçon entre 2011 et 2013 sont les États-Unis, dont les marques et les brevets représentent 20% des copies. Ils sont suivis par l’Italie, (15%), la France et la Suisse (12%), le Japon et l’Allemagne (8%).

Loin devant, la Chine « l’atelier du monde » comme on aime à présenter l’Empire du milieu, est le premier pays producteur de produits de contrefaçons. En effet, 63,2% des produits saisis entre 2011 et 2013 sont d’origine chinoise. Viennent ensuite la Turquie (3,3% des produits saisis), Singapour (1,9%) et la Thaïlande (1,6%).

Des produits dangereux pour les consommateurs

Tous les secteurs de l’économie sont concernés par ce phénomène. « Les contrefaçons concernent tous types de produits, des sacs à main et parfums, aux pièces de machine et produits chimiques. Si les chaussures sont les produits les plus copiés, on observe des violations du droit de propriété intellectuelle jusque sur les fraises et les bananes. Les activités de contrefaçon produisent également de ‘mauvaises copies’ qui mettent en danger la vie des individus – pièces automobiles défectueuses, médicaments aux effets néfastes, jouets dangereux, lait pour bébé sans valeur nutritive et instruments médicaux donnant des mesures erronées », détaille le rapport qui fait également un point sur les connections de ces trafics.

Hong Kong, Singapour et la Chine, c’est à dire les plateformes incontournables du commerce international, sont des points de transit plébiscités pour l’envoi de marchandises piratées, les trafiquants étant souvent implantés dans les pays instables politiquement comme la Syrie et l’Afghanistan. Selon de nombreux rapports, le commerce de produits contrefaits a permis le financement de cellules terroristes proches d’Al-Qaïda et de Daech.

Des centaines de milliers de colis arrivent chaque jour à Roissy

Et ensuite ? De ces plateformes partent ensuite des milliers de petits colis – 500 000 chaque jour environ à l’aéroport de Roissy en France – difficilement repérables. Selon cette étude, les envois postaux sont le principal mode d’expédition des copies et représentent 62 % des saisies entre 2011 et 2013, une proportion qui témoigne de l’importance croissante du commerce en ligne dans les échanges internationaux. Sachant que ces statistiques portent sur la période 2011-2013, et que le développement d’Internet n’est pas toujours achevé, on peut imaginer l’ampleur que ces trafics ont pris depuis.