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04/12/2016

Schulz défend le CETA d’arrache-pied

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Schulz défend le CETA d’arrache-pied

Martin Schulz

Martin Schulz, président du Parlement européen, a appelé élus et gouvernements à soutenir le CETA, qui a selon lui le pouvoir de façonner la mondialisation.

« Le CETA [accord économique et commercial global] est un bon accord. La mondialisation doit être régulée », a plaidé Martin Schulz lors d’un événement organisé au Parlement européen par les socio-démocrates le 19 octobre.

L’accord commercial entre l’UE et le Canada est en difficulté depuis le véto du parlement wallon de la semaine dernière.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a déclaré espérer que les dirigeants trouveront une solution lors du Conseil européen des 20 et 21 octobre. Il était prévu que Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, se rende à Bruxelles le 27 octobre pour signer l’accord lors d’un sommet UE-Canada.

>> Lire : CETA, un test de crédibilité pour les dirigeants européens

« S’il y a bien une erreur que nous pourrions commettre aujourd’hui, c’est de rejeter le CETA », a insisté Martin Schulz. « Le gouvernement suédois [gauche, soutenu par les Verts], le gouvernement de Lisbonne [soutenu par la gauche et le parti communiste], le gouvernement italien, la France, l’Autriche, la Slovaquie, la République tchèque. Tous les partis socialistes sont pour. Ce sont les dirigeants socialistes d’Europe, nous sommes en faveur du CETA. C’est un nouveau type d’accord commercial, qui introduit des droits sociaux de base dans nos relations commerciales. »

Le président du Parlement a assuré que le remplacement du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE) par un système de juges publics et d’appel allait dans la bonne direction.

Tentant de fonder son soutien à l’accord sur des bases tangibles, il a rappelé les échanges qu’il avait eus avec des syndicalistes canadiens qui l’ont supplié de signer l’accord, « parce que les règles clés de l’Organisation internationale du travail sont à présent contraignantes pour le Canada ». « Le CETA introduit des droits sociaux de base dans nos relations commerciales », a-t-il déclaré à l’envi.

Martin Schulz n’a pas caché son admiration pour le gouvernement canadien et son dirigeant actuel, qu’il qualifie de l’une des personnalités les plus inspirantes qu’il a rencontrées ces dernières années. Justin Trudeau lui aurait expliqué que les Canadiens voulaient le CETA afin de devenir « plus européens ». Ils veulent signer l’accord parce que le système social européen est un modèle pour eux, selon le président du Parlement.

Malgré le refus wallon de signer le CETA, le gouvernement fédéral belge n’a pas exclu la possibilité d’un compromis d’ici le 27 octobre. Les élus du parlement wallon ont mis leur véto à la ratification de l’accord par la Belgique le 14 octobre, inquiets des conséquences qu’aurait celui-ci sur les services publics et les agriculteurs.

Fin septembre, les ministres au Commerce canadien et européens ont établi une déclaration additionnelle contraignante clarifiant les points qui ont provoqué les inquiétudes du public.

Les négociations entre le gouvernement fédéral belge, les autorités wallonnes et la Commission européenne se sont intensifiées le 18 octobre afin de trouver une solution. Les Wallons tiennent cependant bon et refusent l’accord actuel.

En Europe, l’opposition aux accords de libre-échange, dont le CETA, mais aussi le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP), avec les États-Unis, est de plus en plus farouche. Les organisations citoyennes et certaines personnalités politiques de gauche ont notamment averti que le CETA pourrait mettre en danger les normes européennes sur la sécurité, l’environnement et la protection des consommateurs.

Martin Schulz souligne pourtant qu’un accord similaire est en cours de négociation avec le Viêtnam, et n’a entrainé aucune protestation particulière. « C’est un accord qui contient les mêmes mesures et qui sera ratifié. Pensez-vous donc que les juges vietnamiens soient plus dignes de confiance que leurs homologues canadiens ? Je ne pense pas », a-t-il conclu.