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03/12/2016

La signature de l’accord avec le Canada suscite l’espoir des pro-TTIP

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La signature de l’accord avec le Canada suscite l’espoir des pro-TTIP

Martin Schulz, Jean-Claude Juncker et Sigmar Gabriel.

En Allemagne, la signature du CETA est perçu comme une preuve que les négociations du TTIP reprendront de plus belle. Une position qui n’est cependant pas partagée outre-Atlantique. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

La signature du CETA, le 30 octobre, a revigoré les enthousiastes du TTIP, qui espèrent une nouvelle impulsion pour l’accord UE-États-Unis.

Sigmar Gabriel, ministre allemand aux Affaires économiques, a assuré qu’une victoire d’Hillary Clinton le 8 novembre serait un bon signe pour le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP). « Avec Mme Clinton, il y aurait une chance de voir la coopération avec l’Europe renouvelée », a-t-il indiqué. « Ce qui serait utile en ce qui concerne les accords de libre-échange. »

>> Lire : L’Europe n’est prête ni pour Trump, ni pour Clinton

Fin août, Sigmar Gabriel avait pourtant estimé que l’ TTIP avait « échoué de facto » et était politiquement mort. Le manque de volonté de Washington pour trouver des compromis sur des sujets comme l’arbitrage était particulièrement montré du doigt.

Barack Obama, le président sortant, n’a plus parlé d’une conclusion de l’accord avant la fin de son mandat depuis des mois. Josh Earnest, responsable presse de la Maison-Blanche, a cependant expliqué au Tagesspiegel que Barack Obama « ne partageait pas le point de vue que le TTIP [avait] échoué ». « Il a donné à l’équipe de négociation un objectif ambitieux : finir les discussions d’ici la fin de l’année, a-t-il ajouté. « Cette date butoir n’a pas encore été dépassée. »

Loin des micros, les initiés de Washington sont bien moins confiants. Premièrement, les retournements de la conclusion du CETA, l’accord UE-Canada, qui a failli être réduit à néant par le véto de la Wallonie, a sérieusement entamé l’image des Européens en tant que partenaires sérieux.

>> Lire : Les Wallons dénoncent les pressions de la Commission

L’impact des élus régionaux et manifestants sur la validation des accords de libre-échange, alors que seule l’UE peut les négocier, soulève en effet la question de la position de négociation de Bruxelles et sa fiabilité.

Deuxièmement, la campagne présidentielle américaine qui bat son plein a terni l’image d’un accord dans l’opinion publique outre-Atlantique. Le candidat républicain, Donald Trump, et Bernie Sanders sont tous deux opposés au libre-échange, ce qui a forcé Hillary Clinton à exprimer un avis défavorable.

Toutefois, leurs critiques visent surtout l’accord controversé négocié entre les États-Unis et plusieurs de ses voisins d’Asie Pacifique, qui doit encore être ratifié par le Congrès. Le TTIP n’a été que peu abordé lors de la campagne. Étant donné les opinions qu’elle a exprimées sur le libre-échange, il serait cependant difficile à Hillary Clinton de faire marche arrière.

>> Lire : «Les négociations commerciales UE-Mexique seront moins controversées que le TTIP» 

Enfin, des sources à Washington ont mentionné les manifestations anti-TTIP qui se multiplient en Europe, et particulièrement en Allemagne. Une conclusion rapide des négociations est donc très improbable. Une version « light » de l’accord pourrait cependant voir le jour.