Tajani et de Rugy tentent de reprendre la main sur le sujet européen

Antonio Tajani

Les présidents du Parlement Européen et de l’Assemblée Nationale ont pour projet de resserrer leurs liens. L’omniprésence de Macron sur le sujet européen fait de l’ombre aux parlements.

Difficile, pour les parlements européens, d’exister sur la scène politique sous l’ère Macron. Le président de la République française, qui entend incarner la relance européenne, a tendance à obnubiler les médias sur le sujet européen, aux dépens des instances représentatives. En marge de la conférence des Présidents des Parlements du G7, ce week-end à Rome, Antonio Tajani, le président européen, a tenté de redresser la barre. Le président du Parlement européen a notamment rencontré François de Rugy, président de l’Assemblée Nationale, pour évoquer la nature de leur future collaboration.

Macron à Athènes pour exposer sa vision de la démocratie en UE

À Athènes, le président français veut symboliquement dérouler sa vision de la refonte démocratique de l’UE. Au menu, zone euro, listes transnationales pour 50 eurodéputés et des conventions démocratiques dont le résultat est attendu dans un an.

Les deux hommes se sont entendus sur la nécessité d’une « coopération étroite » entre parlementaires européens et nationaux, une dynamique initiée par le Traité de Lisbonne en 2009, mais dont la concrétisation laisse à désirer. En effet, les rencontres interparlementaires sont plutôt rares et discrètes, et les parlementaires nationaux regardent encore avec un certain mépris leurs collègues européens. En France, plusieurs eurodéputés (Marine Le Pen, Louis Aliot, Marielle de Sarnez, Jean-Luc-Mélenchon ou Constance Le Grip) ont été élus à l’Assemblée nationale, et ont quitté leur poste au Parlement européen pour rejoindre une assemblée qu’ils estiment plus prestigieuse. L’inverse n’arrive jamais.

Les parlementaires nationaux, garants du principe de subsidiarité, pourraient être amenés à être davantage consultés et informés, notamment dans les domaines de la lutte contre le terrorisme ou de la crise migratoire, avec la réforme à venir du règlement Dublin ; c’est en tout cas le souhait des présidents de chambre, qui ont rappelé l’importance de la représentation démocratique dans le débat européen.

Tajani à Paris le 22 septembre

La nature exacte de la « coopération » entre les parlements nationaux et européens devrait être détaillée le 22 septembre prochain, date à laquelle Antonio Tajani rencontrera Emmanuel Macron avant de se rendre à l’Assemblée Nationale. Pour l’heure, la rencontre avec François de Rugy est avant tout une opération médiatique et politique : les législateurs veulent tenter de jouer un rôle dans la relance de l’Union.

12 chefs d'Etats européens en 10 jours, un challenge diplomatique pour Macron

Le président français va rencontrer 12 chefs d’États européens dans les 10 prochains jours au cours de sept rencontres distinctes. Un nouveau marathon diplomatique destiné à faire monter les priorités françaises : travailleurs détachés, défense, migrations.

Cette rencontre intervient alors qu’Emmanuel Macron conclut son marathon diplomatique en Europe. Entre la fin août et le début septembre, le Président de la République a rencontré 12 de ses homologues en 10 jours. Une tournée intense, qui affiche le Président en Marche en moteur de la construction européenne.