La Commission dit à Volkswagen d’accélérer les réparations liées au Dieselgate

Věra Jourová [EPP Group/Flickr]

Dans une lettre commune envoyée au PDG de Volkswagen, la Commission et les autorités de protection de consommateurs de l’UE demandent au constructeur de respecter son engagement de réparer tous les véhicules concernés par le Dieselgate en Europe. Notre partenaire, Ouest-France, a interrogé Věra Jourová.

Věra Jourová est commissaire européenne à la justice.

Que demandez-vous à Volkswagen ?

D’informer les clients concernés, les concessionnaires, les propriétaires de voiture d’occasion, de renforcer la diffusion de l’information auprès des consommateurs. D’accélérer les réparations. Et d’informer que la garantie est prolongée de deux ans. Notre appel rend l’affaire plus sérieuse, car cette fois, les autorités nationales de protection des consommateurs sont avec nous.

Pourquoi ce rappel ?

En fait, nous ne sommes qu’à mi-chemin dans la réparation du dommage. Ce que nous demandons à Volkswagen, c’est un traitement juste et équitable de tous les consommateurs concernés. Ils doivent d’abord être informés de la situation de leur véhicule.

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Ils ne le sont toujours pas ?

C’est loin d’être le cas. Quand j’ai lancé cette action, il y a un an, la situation variait beaucoup d’un pays à l’autre. Et le message sur ce qu’il fallait faire n’était pas clair. 8,5 millions de véhicules sont concernés, dans tous les pays de l’UE. Beaucoup ont acheté ces voitures pour polluer moins, et ils ont été trompés. Nous demandons un traitement égal pour tous les Européens. Surtout comparé aux États-Unis.

Oui, où les consommateurs ont eu, outre les réparations, des indemnités…

J’étais très remontée sur ce point. Et nous, en Europe, on n’avait même pas les informations. Donc on a convenu que d’ici cet automne 85 % des véhicules devaient être réparés. Mon message à Volkswagen a été : faites comme vous pouvez, mais faites-le. Or, aujourd’hui ce plan n’est pas respecté. Aujourd’hui, seuls 60 % des véhicules ont été traités.

Qu’avez-vous demandé à Volkswagen ?

J’ai beaucoup insisté pour que chaque consommateur européen puisse bénéficier d’une compensation, à défaut d’une indemnité qui n’est pas possible dans les mêmes termes qu’aux États-Unis. Ils ont accepté une prolongation de deux ans de la garantie du véhicule pour une partie du moteur. Mais on constate que les consommateurs ne sont pas bien informés sur cette possibilité.

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Dans un mois, quel pouvoir de sanction à la Commission ?

Nous ne disposons pas du même pouvoir d’intervention que le Commissaire à la concurrence, par exemple. C’est pourquoi j’ai impliqué toutes les autorités nationales de protection des consommateurs. Car si Volkswagen n’obtempère pas, elles ont un pouvoir de sanction que je n’ai pas.

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Contexte

En septembre 2015, Volkswagen avouait avoir installé un logiciel minimisant les émissions polluantes de ses véhicules diesel. L’an passé, le constructeur allemand s’était engagé auprès de la Commission à réparer l’ensemble des 8,5 millions de véhicules concernés en Europe. Mais à ce jour, seuls 60 % des réparations ont été effectuées.

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