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28/09/2016

À Davos, la crainte d’une désintégration de l’UE

Justice & Affaires intérieures

À Davos, la crainte d’une désintégration de l’UE

Des réfugiés en mer, sauvés par Frontex. [Frontex]

Les risques pesant sur le Vieux Continent inquiètent les grands de ce monde qui se réunissent à Davos cette semaine.

Perte du contrôle de l’État, fragilité des institutions européennes, montée du populisme : tout cela pourrait déclencher un processus de désintégration de Schengen, de la zone euro et « même du marché unique », peut-on lire dans le rapport 2016 sur les risques mondiaux, un pensum publié chaque année à la veille du Forum économique mondial qui se tient en Suisse.

De leur propre aveu, certains politiques européens estiment que ces forces centrifuges affectant l’Union ne feront qu’empirer en 2016, et que le référendum sur le Brexit assombrira le tableau.

« Les temps sont difficiles », a résumé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 15 janvier. « Mais je n’abandonne pas ».

C’est dans ce climat morose, et devant les turbulences croissantes émanant d’autres parties du monde telles que la Chine, que dirigeants politiques et économiques se retrouvent du 20 au 23 janvier à Davos.

>> Lire : Michel Barnier craint une désintégration de l’UE

L’objectif du forum 2016 est de comprendre comment saisir les opportunités offertes par la prochaine révolution industrielle (Industrie 4.0), moteur de croissance en temps de stagnation. 

L’avenir de l’Europe semble toutefois peu optimiste. Même si les États membres sont unis face à la crise ukrainienne, « un défi encore plus grand se pose avec la crise des réfugiés, signal clair de la perte de contrôle de l’État et de la fragilité des structures intergouvernementales », explique le rapport, publié en amont du Forum.

« Isolement, xénophobie et populisme de droite gagnent du terrain à travers le continent, remettant en cause le processus d’intégration et un front européen commun en matière de politiques de sécurité internationale. « Si l’Europe se révèle incapable de trouver des solutions communes aux défis urgents, nous risquons d’observer un processus de désintégration qui réduira à néant les acquis tels que l’espace Schengen, la monnaie unique ou même le marché unique. Même si un tel processus ne se produira pas de sitôt, il y a peu de chance qu’il soit harmonieux et pacifique », s’inquiète le rapport de Davos.

Jean-Claude Juncker a soulevé les mêmes inquiétudes, insistant sur le fait que l’euro et Schengen étaient liés et que « ceux qui voulaient mettre fin à Schengen détruiraient le marché intérieur ».      

>> Lire : Schengen menacé par la démultiplication des contrôles aux frontières

La crise des réfugiés est la plus grande menace pour la région, insiste le rapport. Selon l’étude, l’arrivée en masse de Syriens, d’Irakiens et d’Afghans, « bouleverse les capacités financières et d’absorption et exacerbe la polarisation des sociétés et du spectre politique, ce qui réduit l’efficacité des structures de gouvernance européennes.

Le risque que représente la crise des réfugiés va continuer de croitre dans le monde. En 2014, le nombre de personnes déplacées – 42 500 par jour – était quatre fois plus élevé qu’en 2010.

Mais lorsqu’on regarde 2016, le secteur privé en Europe considère toujours que les risques économiques, tels que les crises budgétaires, le chômage et les prix de l’énergie, sont prédominants.

La nouvelle révolution industrielle

L’étude du Forum économique mondial souligne également l’importance de s’adapter aux paysages industriel et technologique changeants. Si les Européens loupent le coche, environ 600 milliards d’euros pourraient être perdus sur les dix prochaines années, ce qui correspond à environ 10 % de la base industrielle de l’Europe.

Les économies européennes devraient donc s’attaquer aux risques élevés qui pourraient émerger d’une transition vers une économie plus digitalisée : les risques liés à la cybersécurité, l’échange de données entre pays et parties prenantes, le changement d’environnement de travail, l’écart croissant entre les riches et les pauvres, et les inégalités sociales et salariales.

Au-delà de l’Europe, le rapport assure que l’échec de l’action contre le réchauffement climatique est l’une des premières craintes de l’opinion publique et est perçu en 2016 comme le principal risque pour les années à venir, avant les armes de destruction massive (2ème) et les crises liées à l’eau (3ème).

La migration involontaire à grande échelle est toutefois le risque le plus répandu, et le plus dangereux en termes d’impact et de probabilité. Les cyberattaques sont perçues comme le risque le plus élevé pour les affaires en Amérique du Nord.

Prochaines étapes

  • 20-23 January: World Economic Forum (Davos)

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