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04/12/2016

La Bulgarie réclame un plan B pour les migrants

Justice & Affaires intérieures

La Bulgarie réclame un plan B pour les migrants

Daniel Mitov [Georgi Gotev]

La Bulgarie a demandé à la Commission de prévoir une alternative au cas où Ankara refuserait d’appliquer l’accord sur la crise des réfugiés, a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Daniel Mitov.

« Nous voudrions l’élaboration d’un plan B tenant compte de nombreux facteurs. Il faut savoir que l’accord a des passages délicats. Nous avons insisté pour la mise en place d’un plan alternatif et nous en discutons », a expliqué ministre des Affaires étrangères bulgare, Daniel Mitov au journal Sega. Ce dernier a participé à une réunion de ses homologues des pays de l’OTAN et de l’UE sur la crise des réfugiés.

C’est la première fois qu’un ministre européen confirme que l’OTAN envisage un plan B. Le 9 mai, après que le journal Bild a évoqué cette possibilité, la Commission a assuré qu’il n’y avait qu’un plan, l’accord avec la Turquie.

Alternative de l’OTAN

Contrairement au plan signé par Bruxelles et Ankara en mars, cette alternative prévoirait que les migrants arrivés en Grèce et dont la demande d’asile est refusée en Europe soient renvoyés directement vers leur pays d’origine et que les 6 milliards d’euros d’aide promis à la Turquie soient reversés à la Grèce.

L’élaboration d’un plan B semble être devenue une nécessité après que le président turc Recep Tayyip Erdoğan a annoncé une nouvelle fois qu’il laisserait tomber l’accord si l’UE ne libéralise pas les visas pour les citoyens turcs, déclarant qu’il n’hésiterait pas à envoyer les migrants vers l’UE.

Un plan de secours a été évoqué pour la première fois pas les pays du groupe de Visegrád, qui estiment que la Grèce devrait être expulsée de l’espace Schengen et que la sécurité aux frontières bulgares et macédoniennes devrait être renforcée.

>> Lire : Les pays de Visegrád veulent revoir les frontières de l’UE

Le ministre des Affaires étrangères bulgare n’a donné aucun détail du scénario alternatif, mais a indiqué ne pas avoir parlé du déploiement terrestre de l’OTAN à la frontière gréco-turque en cas de détournement des réfugiés vers la Bulgarie.

Le 22 mai, le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a inspecté les barricades à la frontière du pays avec la Turquie, accompagné du chef de file d’un petit parti nationaliste qui soutient le gouvernement minoritaire. Le Premier ministre s’est notamment félicité de l’accord avec la Turquie, selon lequel les réfugiés qui entrent illégalement sur le territoire sont immédiatement renvoyés.

>> Lire : Les pays de Visegrad s’opposent à la réforme de la politique d’asile