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26/09/2016

L’Allemagne envisage de renvoyer des migrants en Grèce

Justice & Affaires intérieures

L’Allemagne envisage de renvoyer des migrants en Grèce

Migrants à Nea Vyssa, un village grec à la frontière turque. [Frontex]

La Commission ne s’oppose pas au renvoi de migrants de l’Allemagne vers la Grèce, alors même qu’elle prépare la réinstallation de migrants de la Grèce vers d’autres pays de l’UE.

Le 4 septembre, Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, a déclaré que son pays avait fait beaucoup pour les réfugiés, mais a besoin d’aide du reste de l’union pour accueillir les migrants.

« En Europe, nous avons fait beaucoup pour améliorer la situation des réfugiés en Grèce », a expliqué Thomas de Maizière lors d’un entretien au Welt am Sonntag. « Cela doit avoir pour conséquence que nous puissions renvoyer les réfugiés en Grèce, conformément au règlement de Dublin. »

Ce règlement prévoit que les migrants qui font leur demande d’asile dans un pays européen puissent être renvoyés vers le premier État membre dans lequel ils sont arrivés. L’Allemagne n’a cependant pas renvoyé de réfugiés en Grèce depuis 2011, à cause des déficiences du système de traitement des demandes dans le pays, ainsi que des difficultés de gestion des centres d’accueil liées au très grand nombre de migrants arrivés ces dernières années. À l’heure actuelle, 50 000 migrants attendent en Grèce d’être réinstallés vers d’autres pays de l’UE, selon le principe de solidarité entre États membres.

>> Lire : Les États membres priés de respecter leurs engagements pour les réfugiés

Le 5 septembre, EurActiv a demandé à Natasha Bertaud, la porte-parole de la Commission, d’indiquer comment le renvoi de réfugiés vers la Grèce serait compatible avec le projet de la Commission d’alléger le fardeau supporté par Athènes en réinstallant des demandeurs d’asile dans d’autres États membres.

La porte-parole a souligné que tout le monde devait suivre les règles et que tant que le règlement de Dublin ne serait pas revu, le renvoi de demandeurs d’asile vers leur pays européen d’arrivée était juridiquement valide. La Commission aide la Grèce à réinstaurer les normes prévues par Dublin d’ici la fin de l’année, a-t-elle ajouté, et un rapport de suivi sur la question sera publié à la fin du mois.

Athènes a demandé à l’exécutif européen d’être plus actif sur la relocalisation et semble peu disposée à accueillir des demandeurs d’asile renvoyés de pays européens plus riches, d’autant plus que jusqu’ici, un nombre très limité de migrants ont en effet été réinstallés hors de Grèce.

>> Lire : Moins de 2 % des réfugiés syriens réinstallés

Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, devrait également aborder la question lors d’un sommet qui réunira les dirigeants des pays méditerranéens à Athènes le 9 septembre. Matteo Renzi, son homologue italien, devrait être présent, tout comme François Hollande. La crise politique espagnole empêchera cependant Mariano Rajoy de participer.

>> Lire : Hollande tente de rassembler l’Europe du Sud

Boyko Borissov, le Premier ministre bulgare, a pour sa part déjà déclaré n’avoir aucune intention d’accepter la relocalisation de réfugiés dans son pays. « J’ai catégoriquement annoncé à mes collègues [européens] que nous n’accepterons pas de migrants », a-t-il affirmé après sa rencontre avec Angela Merkel et le groupe de Visegrád. « Est-ce qu’ils pensent vraiment que l’Autriche, la Hongrie ou l’Allemagne pourront nous envoyer 10, 20 ou 30 000 migrants et que je les attendrais pour les accueillir à l’aéroport ? »