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09/12/2016

La Commission compte sur les véhicules sans conducteur pour sauver des vies

Justice & Affaires intérieures

La Commission compte sur les véhicules sans conducteur pour sauver des vies

Le nombre d'accidents mortels a connu une légère augmentation en 2015.

[Flickr/Chris Yarzab]

Violeta Bulc, la commissaire aux transports, s’inquiète de l’augmentation des décès dus à des accidents de la route.

La commissaire au transport, Violeta Bulc, a expliqué son enthousiasme pour les voitures sans conducteur et les nouvelles technologies qui connectent les véhicules à Internet. Elle espère que ces nouveautés technologiques permettront d’accélérer la réduction du nombre de morts sur la route dans l’UE, un chiffre qui stagne depuis des années.

Les chiffres de 2015 montrent même une augmentation de 1 % par rapport à l’année précédente. « Les chiffres sont décevants », a admis Violeta Bulc.  L’an dernier, 135 000 personnes, principalement des piétons, des cyclistes ou des motards, ont également été gravement blessés lors d’accidents de la route.

La Commission estime que 90 % des collisions sont causées par des conducteurs qui font des erreurs ou sont distraits. « Le facteur humain est encore et toujours la première cause d’accidents», indique la commissaire.

Un autre fonctionnaire européen estime que les voitures 100 % sans conducteur pourraient « avoir un grand potentiel d’amélioration de la sécurité routière, parce qu’ils éradiqueraient complètement l’erreur humaine ». Ces véhicules ne seront cependant pas disponibles avant plusieurs années, au moins.

L’exécutif européen encourage donc les constructeurs à accélérer leur travail dans ce domaine, dans le cadre d’un groupe de travail lancé en janvier. Ce groupe, constitué de constructeurs automobiles et de représentants des autorités publiques, se penche sur la nécessité, ou non, d’établir des règles européennes sur la responsabilité des accidents causés par les véhicules sans conducteur.

Selon une source à la Commission, l’exécutif souhaite que ces véhicules commencent à circuler en 2020, et il n’y a donc pas d’urgence à légiférer. Les nouvelles voitures qui seront commercialisées d’ici là sont de plus en plus souvent équipées de fonctionnalités qui les connectent à Internet, mais « la responsabilité des véhicules semi-autonomes n’est pas un problème, puisqu’il y a toujours un conducteur dans la voiture », explique le fonctionnaire.

>> Lire : Les constructeurs font main basse sur les données personnelles des automobilistes

Violeta Bulc a assuré « compter sur les technologies de l’information » pour aider les États à réduire le nombre d’accidents mortels sur les routes. « Nous avons lancé l’initiative eCall, un élément important qui sera obligatoire. Nous espérons que cela améliorera la sûreté routière. »

À partir de mars 2018, toutes les nouvelles voitures commercialisées dans l’UE devront donc avoir des capteurs intégrés qui alertent automatiquement les services d’urgence en cas de collision. La Commission détaillera également la manière dont elle entend intensifier la connectivité dans les transports routiers dans un guide qui sera publiée dans le courant de l’année.

>> Lire : L’UE veut rattraper son retard sur les voitures connectées

La Bulgarie et la Roumanie sont les pays européens où le taux de victimes de la route est le plus élevé, avec 95 morts par million d’habitants tous les ans. Le champion européen de la sécurité routière est Malte, avec 26 morts par million d’habitants. La moyenne européenne pour 2015 est de 51,5 morts par million d’habitants. Plus de la moitié des victimes enregistrées sont décédées dans des régions rurales.

Violeta Bulc a regretté que les États investissent de moins en moins dans la sécurité routière et ne parviennent pas à améliorer leurs routes pour réduire le nombre d’accidents. « Nous nous rendons compte que l’application des règles pourrait être améliorée de manière significative », indique-t-elle également.

 

Réactions

« Nous espérons que l'UE et les États membres verront que ces chiffres sont une sonnette d'alarme », a déclaré Jacob Bangsgaard, directeur général de la Fédération Internationale de l'Automobile en Europe. « L'utilisation de nouvelles technologies augmentent certains risques, comme la distraction des conducteurs, qui devraient faire l'objet d'initiatives spécifiques », estime-t-il. « Il serait cependant déjà très bénéfique de prendre des mesures basiques, comme rendre obligatoires les technologies existantes, comme les systèmes de freinage d'urgence automatique, améliorer la formation des nouveaux conducteurs ou assurer des normes adaptées pour les routes.  »

ked to a broader use of technology and should be addressed in their own right. However, some low hanging fruit such as: mandating existing safety technologies such as Automatic Emergency Breaking; improving the training of novice drivers; and ensuring an adequate standard for our roads, would already go a long way to improving the situation.”

Contexte

En 2001, la Commission européenne a adopté un programme d'action avec l'objectif de diviser par deux le nombre de victimes des accidents de la route avant 2010. À l'époque, il y en avait environ 40 000 par an. Une réussite, puisqu'en 2009 ils n'étaient plus que 5 000, soit l'équivalent d'une ville moyenne sauvée.

Un nouveau programme a été mis en place pour la période 2011-2020. Il compte sept objectifs stratégiques et inclut des normes de sécurité obligatoires pour les véhicules, des infrastructures routières plus sûres, une meilleure application des règles de sûreté et une attention particulière pour les motards.

La Commission souhaite à nouveau diviser par deux le nombre de morts d'ici 2020. Fin 2015, ce chiffre n'avait pourtant diminué que de 17 %.