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06/12/2016

L’UE songe au modèle de Moscou pour renforcer la sécurité aéroportuaire

Justice & Affaires intérieures

L’UE songe au modèle de Moscou pour renforcer la sécurité aéroportuaire

L'UE veut renforcer la sécurité dans les aéroports.

[Whity/Flickr]

Le contrôle de l’accès aux terminaux, tel qu’il se pratique en Russie depuis un attentant sanglant à Moscou en 2011, pourrait être généralisé.

Après les attentats sanglants qui ont eu lieu à Bruxelles le 22 mars, les États membres et institutions européennes comptent tirer les leçons des attentats terroristes de l’aéroport international de Domodedovo, à Moscou, en 2011, et des trains de banlieue de Madrid, en 2004.

>> Lire notre direct : alerte à Bruxelles

À Moscou, un kamikaze s’était fait exploser dans la zone de retrait des bagages de l’aéroport de Domodedovo, faisant 35 morts. Suite à cet attentat, les autorités ont renforcé les contrôles d’accès aux terminaux.

Après les attentats de Madrid, qui ont fait près de 200 morts et 2 000 blessés, l’Espagne a quant à elle augmenté de nombre de caméras de surveillance et d’agents de sécurité dans les stations et les trains.

Selon un porte-parole de la Commission, ces deux précédents offrent un bon point de départ pour une discussion sur la sécurité qui se déroulera dans les jours à venir. La réunion du Groupe de travail international sur la sécurité des transports terrestres était prévue pour le 11 avril, mais pourrait être avancée au vu des attentats qui se sont déroulés à Bruxelles hier matin. Cet été, la réunion du groupe de travail avait également été avancée après une tentative d’attentats dans le Thalys.

>> Lire : L’UE se penche sur la sécurité ferroviaire après l’attaque du Thalys

Si ce domaine relève en grande partie de la compétence exclusive des États, la Commission estime « évidemment » avoir un rôle important à jouer, particulièrement en ce qui concerne la sécurité dans les aéroports.

Les zones d’enregistrement exclues des normes de sécurité

L’UE a fixé des normes minimales communes pour tous les aéroports de l’union via le règlement 300/2008 sur la sûreté de l’aviation civile, ainsi que des règles pour le contrôle de l’application de ces mesures.

Les parkings, gares ferroviaires et zones d’enregistrement des aéroports ne sont cependant pas couverts par les règles existantes, car, comme le souligne un document de travail ébauché par l’exécutif en 2012, la législation européenne « est définie de manière qu’elle se concentre sur la prévention des actes illicites d’intervention sur les avions ».

Au moment de la rédaction du document, les spécialistes de la Commission avaient donc recommandé au Groupe de travail international sur la sécurité des transports terrestres de se pencher sur une meilleure sécurisation de ces zones, et en particulier des connexions entre différents modes de transport. Les systèmes de transports en commun comme les métros relèvent toutefois de la compétence des États, mais les spécialistes estimaient « désirable » que ces connexions soient mieux protégées, étant donné qu’elles sont des cibles potentielles pour les terroristes.

>> Lire : Le Parlement européen bloque toujours sur le PNR

« Si les politiques de sécurité dans les transports devraient être développées au niveau national ou local, en accord avec le principe de subsidiarité, une grande partie des opérations de transports se fait au-delà des frontières nationales et il est évident qu’une action au niveau européen aurait une valeur ajoutée », soulignaient les spécialistes.

« Réponse proportionnée »

Dans l’UE, les transports publics ont été la cible d’attentats terroristes à plusieurs reprises ces 15 dernières années. Un état de fait qui a bien entendu influencé les décisions sur la sûreté des transports. Pourtant, « le caractère relativement exceptionnel de ces incidents » aurait freiné le développement d’obligations sécuritaires, toujours selon le document des experts, de 2012.

Les décisions qui ont été prises sont en outre souvent retardées ou ignorées à cause des coûts qu’elles engendrent ou d’une opposition des transporteurs ou autorités au niveau national. La Commission défend donc une réponse « proportionnée », afin d’éviter des contraintes excessives pour les passagers et les opérateurs des réseaux.

« On peut limiter les failles du système, mais nous devons accepter qu’il n’existe pas de situation sans aucun risque », souligne un fonctionnaire européen. En 2012, la Commission admettait déjà que le renforcement de la sûreté en Europe n’était pas idéal parce que la sécurité « n’est pas une caractéristique positive attrayante pour les consommateurs et passagers ».

« Pour certains transporteurs, la sécurité est perçue comme un coût négatif, voire un domaine dont ils ne sont pas responsables, étant donné que l’efficacité et la rentabilité de cet investissement sont difficiles à mesurer », déplorent les spécialistes.

Prochaines étapes

  • 11 avril : Réunion prévue du Groupe de travail international sur la sécurité des transports terrestres.