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26/07/2016

Les 28 proposent de renforcer Europol dans la lutte anti-terrorisme

Justice & Affaires intérieures

Les 28 proposent de renforcer Europol dans la lutte anti-terrorisme

Koen Geens, ministre belge de la Justice, Ronald Plasterk, ministre néerlandais de l'Intérieur, et le commissaire Dimitris Avramopoulos. [Council]

Une équipe de spécialistes  du terrorisme devrait venir épauler Europol, après les attentats de Bruxelles.

Les ministres européens de la Justice se sont réunis pour un sommet extraordinaire à Bruxelles le 24 mars, après des attentats qui ont fait au moins 31 morts et 300 blessés dans la capitale belge. L’équipe d’experts qu’ils ont décidé de mettre sur pied devrait assister les autorités dans leurs enquêtes sur les menaces terroristes.

Cette équipe se servira des services d’Europol pour surveiller les combattants étrangers, les flux de financement du terrorisme, le trafic d’armes et la propagande sur internet.

Les attentats du 22 mars ont été revendiqués par Daech. Huit personnes ont été arrêtées en lien avec les attentats, dont une à Paris dans la nuit de jeudi à vendredi, et la police belge recherche encore activement deux suspects.

Les ministres de la Justice souhaitent également que la Commission collabore plus étroitement avec des entreprises informatiques, notamment le forum européen d’internet, afin de pallier la propagande terroriste et de développer, d’ici juin 2016, un code de conduite contre les discours haineux en ligne.

>> Lire : Le Parlement met en cause la responsabilité des plateformes Internet dans la lutte contre le terrorisme

Certains craignent cependant que la mise en place d’une équipe composée d’experts nationaux sous l’égide d’Europol ne soit pas aussi efficace qu’une agence de renseignement commune, qui permettrait un partage des informations immédiat et plus complet.

Les ministres estiment cependant que le partage d’information pourrait être amélioré et devenir si rapide que cette distinction ne s’appliquera plus.

>> Lire : Guy Verhofstadt condamne l’échec de l’UE en matière de renseignement

Lors d’une conférence de presse, Dimitris Avramoupolos, commissaire européen à la migration et aux affaires intérieures, a rappelé que cette réunion de crise sur le terrorisme n’était pas la première, puisqu’il y en avait déjà eu une après les attentats de Paris, qui avaient fait plus de 120 morts.

Si les États membres n’améliorent pas leur collaboration immédiatement, ils seront responsables des attentats qui pourraient se produire à l’avenir, a averti le commissaire.

« Les outils existent. L’UE peut faire des miracles si [les États membres] font confiance à Europol », a-t-il assuré.

Manque de confiance

Anders Ygeman, le ministre de l’Intérieur suédois, a indiqué que le manque de confiance entre les différents services de renseignement européens était l’obstacle le plus important de la lutte contre le terrorisme.

Le débat sur le PNR tourne au bal des hypocrites

Les États membres refusent de partager effectivement les données des passagers aériens, de peur qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains. La France pousse hypocritement le Parlement européen à adopter une proposition qu’elle a contribué à vider de son sens.

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« Les informations sont très sensibles et leur mauvaise utilisation pourrait avoir des conséquences dramatiques. Pour partager l’information, il doit y avoir de la confiance », a-t-il expliqué en arrivant au Conseil.

« J’espère que nous allons nous mettre à appliquer les décisions que nous avons déjà prises. L’UE est très douée pour prendre des décisions, mais beaucoup moins pour les appliquer. »

>> Lire : Les mesures sécuritaires affluent en ordre dispersé dans l’UE après les attentats

Si le partage d’information de ce type est un domaine très secret, « il est à présent évident qu’il est dans l’intérêt de tout le monde qu’il soit appliqué », estime quant à elle Frances Fitzgerald, ministre de la Justice irlandaise. « Les agences [nationales] doivent dépasser leur méfiance et partager le plus d’informations possible afin d’empêcher ces attentats. »

Theresa May, son homologue britannique, a assuré que les États membres étaient prêts à soutenir pleinement la Belgique afin de vaincre ces terroristes. « Nous allons donner à la Belgique le soutien dont elle a besoin, notre message est clair : les terroristes ne vaincront pas », a-t-elle martelé.

Le 24 mars, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, ont offert leur démission, mentionnant « de nombreuses erreurs » dans le contre-terrorisme belge ces derniers mois. Le Premier ministre, Charles Michel, a refusé ces démissions.

>> Lire : L’Europe dispose-t-elle du cadre adéquat pour faire face au défi terroriste?

Contexte

Selon les derniers chiffres officiels, les attentats de l'aéroport de Zaventem et de la station de métro de Maelbeek, à Bruxelles, ont fait 31 morts et près de 300 blessés. Le métro a recommencé à circuler, mais le niveau d'alerte est au maximum (4) en Belgique.

Les auteurs des attentats ont été officiellement identifiés, il s'agit des frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui et de Najim Laachraoui. Une troisième personne présente à l'aéroport avec une charge d'explosif est activement recherchée. De plus en plus de victimes ont été identifiées.

>> Lire notre direct : alerte à Bruxelles

Prochaines étapes

  • Juin 2013 : Publication prévue d'un code de conduite contre les discours haineux en ligne, par la Commission.