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09/12/2016

Pour la Hongrie, l’UE doit pouvoir résoudre la crise migratoire sans Ankara

Justice & Affaires intérieures

Pour la Hongrie, l’UE doit pouvoir résoudre la crise migratoire sans Ankara

Camp de réfugiés près du village d'Idomeni, au nord de la Grèce.

[European Commission]

Si l’accord passé avec la Turquie n’aboutit pas, l’UE devrait être prête à se « défendre seule » face à la crise des réfugiés, a déclaré un responsable hongrois le 15 mars. Un article d’EurActiv Grèce.

Lors d’une réunion ministérielle du PPE, le secrétaire d’État hongrois pour les affaires européennes, Takács Szabolcs, a exposé la position de son pays avant le sommet européen crucial des 17 et 18 mars sur la crise des réfugiés.

Takács Szabolcs a souligné que le plus important pour Budapest était de protéger les frontières extérieures de l’UE.

« Si l’accord UE-Turquie nous rapproche de cet objectif, alors bien sûr que nous le soutiendrons, mais le diable est dans les détails, donc nous devons d’abord voir sur quoi nous pouvons nous entendre », a-t-il commenté.

>> Lire : L’Europe ne peut pas imposer à la Hongrie sa composition ethnique

Le secrétaire d’État hongrois s’est dit satisfait de la fermeture de la route des Balkans occidentaux, et a rappelé que le nombre de migrants traversant cette partie de l’Europe avait considérablement diminué.

« Si l’UE et les États membres sont à la hauteur des attentes émanant d’un accord UE-Turquie, une bonne solution peut alors se profiler […] Dans le même temps, l’UE doit être capable de se défendre seule si besoin », a-t-il ajouté, expliquant que si l’accord UE-Turquie ne fonctionnait pas, l’UE devrait se tourner vers « une solution viable et durable ».

Ligne rouge

Faisant référence au mécanisme de réinstallation pensé dans le projet d’accord UE-Turquie, le responsable hongrois a déclaré qu’il ne marcherait que sur une base volontaire.

« C’est une ligne rouge très importante pour la Hongrie, tout ce que nous accepterons doit être sur une base volontaire », a ajouté Takács Szabolcs.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a récemment annoncé qu’un référendum serait organisé sur le système de répartition de l’UE par quotas obligatoires.

>> Lire : La Commission dénonce le référendum hongrois sur les quotas de migrants

Dóra Bókay, porte-parole de la représentation permanente de l’UE en Hongrie, a déclaré la semaine dernière à EurActiv Grèce que  le référendum annoncé concernait tous les mécanismes de quotas obligatoires à venir et non pas le mécanisme de répartition de 160 000 personnes déjà validé.

« La décision du Conseil justice et affaires intérieures du 22 septembre sur les quotas de réinstallation a été contestée devant la Cour de justice de l’UE », a-t-elle ajouté.

>> Lire : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas