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23/01/2017

Juncker déterminé à obtenir les fonds promis par les dirigeants européens

Justice & Affaires intérieures

Juncker déterminé à obtenir les fonds promis par les dirigeants européens

Jean-Claude Juncker, 15 octobre [Commission]

 Jean-Claude Juncker a appelé les chefs d’État à tenir leur promesse de débloquer 2,25 milliards d’euros pour la crise des réfugiés.

« Les États membres doivent tenir leur promesse du 23 septembre », a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, quelques heures avant la réunion du Conseil qui se déroule à Bruxelles le 15 octobre. Lors du dernier sommet, les chefs d’État et de gouvernement s’étaient engagés à réserver quelque 2,25 milliards d’euros à la crise des réfugiés. Les États membres ont également accepté de contribuer au financement du personnel de Frontex, l’agence de protection des frontières.

 >> Lire : Les dirigeants européens s’accordent pour freiner l’afflux de réfugiés

Le sommet extraordinaire du 23 septembre avait été entièrement dédié à la crise des réfugiés et peut être résumé par la déclaration suivante :

« Nous voulons que des décisions opérationnelles sur les questions les plus pressantes soient prises avant la réunion du Conseil européen d’octobre, selon les orientations suivantes : […] accroître, au moyen de contributions supplémentaires des États membres, le financement du fonds d’affectation spéciale d’urgence pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique […] ; faire face à la situation dramatique à laquelle l’Union est confrontée à ses frontières extérieures et renforcer les contrôles à ces frontières, notamment en dotant Frontex, l’EASO et Europol de moyens supplémentaires, et grâce à du personnel et des équipements fournis par les États membres. »

La Commission attend toujours que ces engagements soient concrétisés, a souligné Jean-Claude Juncker. « Ces promesses de personnel, en Grèce et ailleurs, et une grande partie de l’argent promis en général, n’est pas arrivée. Les États membres retardent les mesures pour ces 2,25 milliards, qui ne sont toujours pas disponibles. La décision a pourtant été adoptée le 23 septembre. Aujourd’hui, la crédibilité du Conseil européen, la crédibilité des États membres est en jeu. Ils doivent tenir leurs promesses », assure le président de la Commission.

Jean-Claude Juncker indique que l’exécutif a soumis toutes les propositions budgétaires nécessaires au versement de sa part des aides et que le Parlement européen avait également fait tout le nécessaire. Il s’est d’ailleurs adressé aux journalistes avec son homologue du parlement, Martin Schulz. À l’avenir, Jean-Claude Juncker souhaite rencontrer le président du Parlement avant chaque sommet du Conseil à l’avenir. « Il est donc temps que les États membres fassent leur part, et nous allons en discuter aujourd’hui », a-t-il conclu.

EurActiv lui a demandé si, en tant qu’ancien Premier ministre, il ne trouvait pas plus facile de dépenser l’argent européen que les fonds nationaux et s’il pensait réellement obtenir 2,25 milliards des États aujourd’hui.

Pour lui, il n’est pas plus facile de dépenser les fonds européens. « Il s’agit de l’argent des contribuables. Le budget national ou le budget européen, c’est exactement la même chose », assure-t-il.

Il a la ferme intention de rappeler leur promesse aux États membres. Ils auront alors deux possibilités. « Ils devront alors nous dire ‘Non, non, non, nous ne concrétiserons pas les décisions que nous avons prises le 23 septembre’, ce qui serait très étonnant, autant pour la Commission que pour le Parlement. Ou ils tiendront leur promesse. Je veux qu’ils tiennent leur promesse », a martelé Jean-Claude Juncker. 

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