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11/12/2016

L’Autriche demande un soutien financier pour l’accueil des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

L’Autriche demande un soutien financier pour l’accueil des réfugiés

Portraits de réfugiés. Des autrichiens font un collage dans la rue. Vienne, octobre 2015

[Andreas Schalk/Flickr]

La Commission européenne doit décider cette semaine si oui ou non elle fournira une aide financière d’urgence aux États membres pour faire face aux coûts de la crise des réfugiés.

Le 6 février, le ministre autrichien des Finances, Hans Jörg Schelling, a envoyé une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et à la commissaire Kristalina Georgieva, pour demander 600 millions d’euros à l’UE pour couvrir les frais liés à l’accueil des réfugiés. Pour le ministre autrichien, seuls trois États membres portent le fardeau de la crise des réfugiés.

En 2015, plus de 90 000 personnes ont déposé une demande d’asile en Autriche, ce qui représente plus de 1 % de la population du petit pays de 8,5 millions d’habitants.

>> Lire notre infographie : Les demandeurs d’asile en Europe, en chiffres

Le gouvernement autrichien a annoncé le mois dernier qu’il limiterait à 37 500 le nombre de personnes autorisées à demander l’asile cette année, et que les autres seraient renvoyées chez elles, ou envoyées dans les pays voisins depuis lesquels elles sont arrivées.

Décision formelle

« Bien entendu, toutes propositions ou idées pouvant nous aider à résoudre la crise de réfugiés nous intéressent », a déclaré Mina Andreeva, porte-parole de la Commission lors d’une conférence de presse le 8 février. Elle a ajouté que l’exécutif prendrait une décision formelle sur ce qui pouvait être fait après une réunion des ministres des Finances prévue le 12 février.

La Commission a jusqu’à présent mobilisé plus de 10 milliards d’euros du budget européen pour aider les pays les plus touchés par la crise.

Pour la période 2014-2020, 8,4 milliards d’euros du fonds pour l’intégration, la migration et l’asile et du fonds pour la sécurité intérieure ont été réservés aux défis de la migration et de la sécurité au sein de l’UE.

En décembre, la Commission européenne a alloué 35 millions d’euros du fonds d’urgence à la Suède, 8 millions à la Finlande et 5 millions à la Belgique pour les aider à couvrir les frais des demandes d’asile.

Le chancelier autrichien, Werner Faymann, a déjà demandé à ce que les dépenses pour les réfugiés soient prises en compte dans le calcul du déficit budgétaire. 

>>Lire: Des règles budgétaires plus souples face à la crise des réfugiés

Dans ses prévisions économiques, la Commission estime que l’afflux croissant des demandeurs d’asile aura un impact sur le PIB autrichien avec des dépenses supplémentaires et sur le taux de chômage du pays, qui passera de 6,0 % en 2015 à 6,2 % en 2016, puis à 6,4 % en 2017.

La semaine dernière, le commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a néanmoins souligné que l’UE n’était pour l’instant pas en mesure de donner davantage de détails sur l’impact de la crise des réfugiés sur les budgets nationaux.

>> Lire : La Commission peine à estimer le coût de la crise des réfugiés

Contexte

Si la Commission hésite à donner des chiffres concrets, le Fonds monétaire international a estimé que la Suède utilisera 1 % de son PIB pour couvrir les coûts liés aux demandeurs d'asile en 2016, le Danemark 0,6 % et la Finlande 0,4 %. En Espagne et en République tchèque, ce chiffre ne s'élèvera qu'à 0,03 et 0,02 % respectivement.

Le coût de la crise des réfugiés varie énormément d'un État membre à l'autre. Il dépend du nombre d'arrivées, mais aussi du coût du logement et des services, comme des cours de langue ou les soins de santé, offerts par le pays. 

Prochaines étapes

  • 12 février : Les ministres européens des Finances se rencontrent à Bruxelles pour discuter du coût de la crise des réfugiés.