L’Autriche veut couper les vivres aux pays anti-relocalisation des réfugiés

Werner Faymann [SPÖ/Flickr]

Le chancelier autrichien, Werner Faymann, a appelé l’UE à allouer moins d’argent aux États d’Europe centrale et orientale l’année prochaine s’ils continuent à bloquer le système de relocalisation des réfugiés. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Dans la querelle sur la meilleure manière de répartir les réfugiés équitablement en Europe, le chancelier autrichien, Werner Faymann, a soulevé la question des contributions de l’UE. Avant le sommet européen du 17 décembre à Bruxelles, il a déclaré à Die Welt que « quiconque prenait dans le budget européen et ne contribuait pas assez en retour ne devait pas se soustraire au système de relocalisation de réfugiés ». Werner Faymann a ajouté que si la situation devait continuer ainsi, il serait « très difficile pour un contributeur net comme l’Autriche de continuer à débourser tant d’argent » et que cela remettrait totalement en question le budget européen.

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Le chancelier a souligné que la solidarité n’était pas à sens unique et a pointé du doigt les pays d’Europe centrale et orientale qui refusent d’accueillir des réfugiés se trouvant en Italie et en Grèce. Des changements dans le budget pourraient être opérés l’année prochaine au détriment des pays non coopératifs, a-t-il affirmé. « Le cadre financier pluriannuel pour 2014-2020 sera évalué l’année prochaine. Nous examinerons de près ces pays qui n’ont pas coopéré à ce sujet », a assuré Werner Faymann.

Soutien du CDU

Le député CDU, Gunther Krichbaum a également accentué la pression sur les nations qui se sont opposées au système de répartition des réfugiés. Aujourd’hui, si les pays ne coopèrent pas, ils feront face à des mesures financières. « Si nous ne parvenons pas à nous accorder avec les Tchèques ou les Slovaques, alors nous utiliserons cet argent pour les réfugiés », a ajouté le président de la commission des affaires européennes du Bundestag.

La situation actuelle concernant la construction de centres de distribution et la relocalisation de quelque 160 000 personnes est déplorable, a regretté Gunther Krichbaum. Les États membres de l’UE doivent montrer clairement que nous sommes une « communauté solidaire », et montrer pourquoi nous avons reçu le prix Nobel de la paix il y a trois ans.

Les dirigeants européens se sont rencontrés le 17 décembre pour parler, entre autres, de la crise des réfugiés. L’un des principaux sujets abordés a été la création d’un corps européen de gardes-frontières et de garde-côtes. La Commission, qui est à l’origine de cette proposition veut que cette agence intervienne dans les États membres, sans leur consentement préalable.

Angela Merkel craint l’isolement

La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé l’Europe à continuer à faire preuve de solidarité. « Aucun pays ne peut faire face à cette crise seul », a-t-elle déclaré devant le Bundestag, le 16 décembre. « Nous ne devons donc pas tomber dans l’isolationnisme en ces temps difficiles », a-t-elle ajouté.

La chancelière a salué la proposition de la Commission pour une agence européenne de protection des frontières, et espère qu’elle sera « débattue et approuvée le plus tôt possible ».

Protéger Schengen

Le commissaire européen en charge de la migration et des affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, craint les effets d’un espace Schengen défaillant. « Schengen doit être préservé et même renforcé », a affirmé le commissaire grec à la presse allemande le 17 décembre. « Si l’espace Schengen est menacé, le projet européen est menacé », a-t-il ajouté.

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« Des frontières complètement ouvertes ou complètement fermées ne sont pas réalistes », et l’afflux de réfugiés montre que l’UE doit adopter une approche différente, a continué Dimitris Avramopoulos. Il a réaffirmé son soutien pour la proposition de la Commission et a rappelé à ses détracteurs qu’il ne s’agissait pas de créer une « forteresse européenne ».