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24/01/2017

La Bulgarie fustige la relocalisation des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

La Bulgarie fustige la relocalisation des réfugiés

Boyko Borissov [G] à Malte avec Dimitar Tsantchev, ambassadeur bulgare à l'UE. [European Council]

Aucun demandeur d’asile ne souhaite rester en Bulgarie, a affirmé son Premier ministre Boyko Borissov. Une situaion qui rend inefficace le système de relocalisation mis en place par l’UE. 

Lors du sommet de La Valette sur la migration, Boyko Borissov, le Premier ministre bulgare, a expliqué aux journalistes que si Berlin se remettait à appliquer le règlement de Dublin II, qui prévoit de renvoyer les réfugiés dans le premier pays européen où ils sont arrivés, ces réfugiés n’auraient pas beaucoup de chance d’être intégrés en Bulgarie et en Macédoine.

En septembre dernier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a en effet décidé de suspendre l’application du règlement européen lié à l’asile et de ne pas renvoyer les immigrants vers le premier pays dans lequel ils ont été enregistrés.

Le 9 novembre, le ministère de l’Intérieur allemand a cependant déclaré que l’Allemagne allait se conformer à nouveau à Dublin II, sauf pour les réfugiés arrivés en Grèce.

>> Lire : Berlin renonce à renvoyer les réfugiés syriens vers la Grèce et l’Italie

« Nous ne pouvons pas garder les migrants de force en Bulgarie », a averti Boyko Borissov, ajoutant que son pays n’avait aucune intention de construire des prisons pour garder les demandeurs d’asile, qui n’ont en général pas envie de rester dans les pays de l’Est.

Le Premier ministre bulgare a mentionné le cas de migrants ayant été arrêté six ou sept fois en tentant de quitter le pays. Chaque fois, ils sont reconduits vers les centres d’accueil et chaque fois ils réessayent de traverser la frontière.

Même dans le cadre de la relocalisation, les demandeurs d’asile ne veulent pas s’installer en Bulgarie, a-t-il assuré aux journalistes.

 >> Lire : L’UE adopte la répartition des réfugiés sans l’accord de l’Est

Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur la relocalisation de 160 000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie vers d’autres pays de l’UE dans les deux ans à venir. La Bulgarie s’est engagée à en accueillir 1 302 au total : 100 en 2015, 500 en 2016 et 702 en 2017. Il semblerait pourtant que pas un seul demandeur d’asile ne veuille s’installer en Bulgarie, le pays le plus pauvre de l’UE.

La Bulgarie craint également que les pays riches, qui reçoivent plus de demandes, n’accueillent les réfugiés qualifiés et ne renvoie vers les pays de la route des Balkans que ceux dont les perspectives d’intégration sont moins bonnes.

>> Lire aussi : Face à la crise des réfugiés, les États-membres se reposent sur l’Allemagne

Boyko Borissov estime que si la Bulgarie pouvait attirer des réfugiés qualifiés, il y aurait des emplois pour eux. Il a assuré avoir discuté de la question avec des représentants de certains secteurs commerciaux, comme l’agriculture et les transports, qui manquent de main-d’œuvre.

Il est en faveur de l’introduction d’un système de cartes vertes en Europe. L’UE pourrait alors décider d’octroyer chaque année 10 000 ou 20 000 cartes par an, en fonction des besoins de l’économie.

Le Bulgare a également loué le « comportement européen » de la Turquie, qui va collaborer avec les pays de l’UE pour endiguer le flux de réfugiés. Pour lui, il serait positif de répondre aux demandes d’Ankara, notamment en ce qui concerne la libéralisation des visas, par exemple.

>> Lire : L’UE déroule le tapis rouge pour Erdo?an à La Valette