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24/01/2017

La Bulgarie réclame son entrée dans Schengen face à la crise des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

La Bulgarie réclame son entrée dans Schengen face à la crise des réfugiés

Meglena Kuneva [Dnevnik]

Sofia met l’UE en garde contre le danger que représente sa non-adhésion à l’espace unique européen. Un statut qui prive le pays de l’accès au système d’information Schengen, indispensable pour gérer la crise des réfugiés.

Comme elle ne fait pas partie de l’espace Schengen, la Bulgarie n’a pas accès au système d’information Schengen, et ne peut donc pas vérifier si les réfugiés qui arrivent en masse figurent sur la liste européenne des criminels ou terroristes. Meglena Kuneva, la Vice-Première ministre, estime que ce manque d’information pourrait être dangereux pour l’UE.

Alors que l’UE se prépare à faire d’importantes concessions pour s’assurer l’aide de la Turquie dans la crise des réfugiés, Sofia soulève donc à nouveau le sujet de l’adhésion du pays à l’espace commun. Cette adhésion a été trop longtemps retardée, pour Meglena Kuneva, ancienne commissaire européenne et membre actuel du gouvernement de centre droit de Boyko Borissov.

Depuis plusieurs années, la Commission, la seule institution européenne qui peut prendre cette décision, juge la Bulgarie et la Roumanie prêtes à intégrer l’espace Schengen. Les deux pays sont devenus membres de l’UE en 2007. Une décision finale à ce sujet nécessite cependant un consensus, et certains pays, dont l’Allemagne, s’y opposent toujours.

Il est difficile de concevoir pourquoi Berlin est si disposée à accéder aux demandes turques, mais pas à celles des deux États membres.

>> Lire : Erdo?an mène la danse au sommet du Conseil

La Bulgarie reste dans le flou

Le statut actuel du pays, toujours dans les limbes, est « difficilement tolérable » pour les autorités bulgares, a indiqué Meglena Kuneva lors d’une intervention radio le 18 octobre.

Elle a souligné que, comme la Bulgarie n’a pas accès au système d’information Schengen (SIS), l’identité des immigrants qui arrivent dans le pays ne peut pas être vérifiée dans la base de données commune regroupant les criminels et potentiels terroristes.

Contrairement à ce qui se passe en Grèce ou en Italie, l’enregistrement des arrivants a été réalisé de manière efficace par les autorités bulgares. À présent, les réfugiés qui tentent de passer entre les mailles du filet évitent d’ailleurs le pays. Nombre d’entre eux craignent d’être enregistrés en Bulgarie parce qu’ils pourraient alors y être renvoyés s’ils font une demande d’asile dans un autre pays européen, selon le règlement de Dublin.

Lors du récent sommet du Conseil, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de renforcer Frontex, l’agence européenne de gestion des frontières externes de l’union. Étant donnée la situation, la manière dont Sofia est censée contribuer à cet objectif est cependant peu claire, rappelle la Vice-Première ministre.

Meglena Kuneva a également commenté la mort d’un migrant afghan, tué par la police bulgare près de la frontière avec la Turquie. L’incident avait forcé le Premier ministre, Boyko Borissov, à quitter prématurément la réunion du Conseil la semaine dernière.

Une enquête sur l’incident, qui s’est déroulé près de la ville de Sredets a révélé que le policier a en réalité tiré un coup de feu en l’air, en gage d’avertissement, mais que la balle a heurté un pont et rebondi vers le migrant.

Lors du sommet, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a déclaré que la Bulgarie devrait défendre sa frontière avec la Turquie indépendamment de son adhésion au non à l’espace Schengen. Cette réflexion illustre bien la position de l’Allemagne et d’autres pays à ce sujet.

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