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03/12/2016

La Commission peine à estimer le coût de la crise des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

La Commission peine à estimer le coût de la crise des réfugiés

Dans un train vers la Serbie.

[Freedom House / Flickr]

Le coût de l’accueil des demandeurs d’asile devrait avoir un impact important sur les finances publiques, mais l’UE n’est pas encore en mesure de donner des chiffres spécifiques, selon Pierre Moscovici.

Dans ses dernières prévisions pour l’économie européenne, publiées le 4 février, la Commission souligne que les dépenses liées aux réfugiés et à la sécurité sont élevées dans certains États membres.

En novembre, quand la prévision précédente a été dévoilée, Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes, avait promis que les évaluations futures comprendraient plus de détails sur l’influence de la crise des réfugiés sur les budgets nationaux.

« Nous ne disposons pas encore de ces données. Le travail continue », a-t-il pourtant expliqué lors d’une conférence de presse. Il a cependant ajouté que la croissance liée à la crise des réfugiés et à l’augmentation des dépenses sera de 0,3 % pour l’ensemble de l’UE et de 0,3 % pour les pays qui accueillent le plus de réfugiés.

« En ce qui concerne l’économie, les dépenses liées aux réfugiés contribuent à soutenir la croissance et nous continuons à penser que cela pourrait être positif pour l’économie », a ajouté le Commissaire.

L’Autriche est le seul pays qui insiste pour que les dépenses liées aux réfugiés soient prises en compte par l’UE lors du calcul du déficit budgétaire. Le droit européen oblige en effet les pays de la zone euro à équilibrer le plus possible leur budget, afin de réduire le déficit.

La Hongrie, la Suède, la Finlande et l’Autriche font partie des pays qui ont reçu le plus de demandes d’asile par habitant en 2015. C’est en Allemagne que leur nombre est le plus élevé, avec près d’un million de demandes. En Suède, l’agence pour l’immigration a déclaré s’attendre à 100 000 arrivées en 2016. Il y en a eu 163 000 en 2015.

Si la Commission hésite à donner des chiffres concrets, le Fonds monétaire international a estimé que la Suède utilisera 1 % de son PIB pour couvrir les coûts liés aux demandeurs d’asile en 2016, le Danemark 0,6 % et la Finlande 0,4 %. En Espagne et en République tchèque, ce chiffre ne s’élèvera qu’à 0,03 et 0,02 % respectivement.

Le coût de la crise des réfugiés varie énormément d’un État membre à l’autre. Il dépend du nombre d’arrivées, mais aussi du coût du logement et des services, comme des cours de langue ou les soins de santé, offerts par le pays.

De plus, six pays, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, la France et la Slovénie, ont ajouté à cela les frais liés au renforcement de la sécurité et à l’établissement de contrôles à leurs frontières.

>> Lire : L’Allemagne accueille deux fois plus de réfugiés que le groupe de Visegrad

La Commission a cependant averti trois pays, l’Autriche, la Suède et l’Allemagne, que la crise des réfugiés représentait un risque pour la stabilité de leurs finances publiques. Ainsi, la croissance du PIB autrichien sera freinée et le chômage devrait atteindre 6,2 % en 2016 et 6,4 % en 2017, contre 6 % en 2015. En Suède, le taux de chômage devrait toujours baisser, mais plus lentement que prévu.

« Les risques principaux pour le budget sont liés à la migration, à l’intégration et aux indemnités de maladie », souligne la Commission dans ses prévisions.

>> Lire : 26 000 enfants non accompagnés sont arrivés en Suède depuis août

Les dépenses publiques liées aux demandeurs d’asile entrainent une diminution de l’excédent budgétaire du gouvernement allemand, selon l’exécutif.

Contexte

Les prévisions économiques de la Commission se fondent sur des données internes, comme l'impact prévu des politiques gouvernementales actuelles, et des facteurs externes liés aux taux de change, aux taux de change et au prix des produits de base.

Prochaines étapes

  • 18-19 février : Prochain sommet européen. La crise des réfugiés est au programme.