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24/08/2016

La Commission prend position contre le push-back des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

La Commission prend position contre le push-back des réfugiés

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L'exécutif européen met en garde la Grèce et la Bulgarie. Il refuse que les réfugiés syriens qui transitent par la Turquie soient refoulés.

 

 

António Guterres, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a demandé aux deux États membres de l’UE d'arrêter de renvoyer des Syriens qui fuient leur patrie ravagée par la guerre.

Les autorités bulgares se seraient vantées de repousser les réfugiés aux portes de leur pays.

Sur le site du gouvernement bulgare, le ministre de l'Intérieur, Tsvetlin Yovchev, déclare qu'en seulement un jour, entre 100 et 150 personnes se sont vues refuser l’entrée dans le pays. Des centaines de policiers ont été envoyés le long de la frontière turco-bulgare pour repousser les immigrants éventuels.

Le pays des Balkans connaît des difficultés à gérer les quelque 7 000 réfugiés syriens présents sur son sol et l'afflux croissant d'immigrants.

La Grèce et la Bulgarie ont commencé à construire de véritables remparts le long de leur frontière avec la Turquie. Athènes a érigé un mur de barbelés de 12,5 kilomètres de long vers une zone frontalière sensible, proche de la ville d'Orestiada. Sofia a, quant à elle, annoncé un projet de construction similaire de 30 kilomètres de long près de la ville d'Elkhovo.

Michele Cercone, porte-parole de Cecilia Malmström, la commissaire aux Affaires intérieures, a expliqué à EurActiv que le renvoi des demandeurs d'asile est contraire au droit international et au droit européen.

« Il est tout simplement interdit de repousser les [réfugiés]. Ces renvois ne sont pas conformes aux obligations européennes et internationales. Les États membres ne peuvent pas et […] ne devraient pas refouler » les réfugiés, selon lui.

Le porte-parole admet toutefois que les États membres ont le droit de décider des mesures de protection de leurs frontières, et donc de construire des murs.

« [Les États membres] décident, bien entendu. Mais nous avons toujours dit que les remparts ne résolvent pas les problèmes. Une gestion structurelle cohérente des flux de migrants et de demandeurs d'asile, voilà la solution », estime Michele Cercone.

En d'autres termes, les États membres devraient être en mesure de gérer ces flux en respectant pleinement les droits fondamentaux ainsi que les obligations internationales et européennes.

« Aucun demandeur d'asile ne peut être refoulé lorsqu’il arrive sur le territoire de l'UE », indique le porte-parole. Il ajoute que cela fait partie des valeurs centrales de la construction de l'UE.

La Commission n'a pas de message particulier à adresser à la Bulgarie et à la Grèce, elle s'adresse à l'ensemble des États membres.

Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés devrait se rendre en Bulgarie le 22 novembre en compagnie de Kristalina Georgieva, la commissaire bulgare en charge de l'Aide humanitaire et de la réaction aux crises. 

Contexte

Depuis 1999, l'UE travaille à la création d'un système européen commun d'asile et se penche sur l'immigration pour des raisons humanitaires et politiques.

De nouvelles règles européennes ont été approuvées. Elles définissent des normes communes et des critères de coopération afin de garantir le traitement équitable des demandeurs d'asile dans le cadre d'un système ouvert et juste. Et ce peu importe le pays dans lequel ils formulent leur demande.

Les États membres de l'UE ont toutefois rejeté une proposition de la Commission européenne. L'exécutif européen souhaitait que la solidarité s'applique et que les demandeurs d'asile des pays les plus touchés par l'arrivée de migrants soient redirigés vers d'autres États membres.

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