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04/12/2016

La corruption perçue comme un problème majeur en Europe

Justice & Affaires intérieures

La corruption perçue comme un problème majeur en Europe

Certains pays européens peinent à limiter la corruption.

Les citoyens européens sont insatisfaits de la lutte contre la corruption dans leur pays, selon une  enquête de Transparency Intertnational. Des résultats alarmants dans le contexte de la montée des extrêmes. Un article de notre partenaire La Tribune.

« La corruption est un problème significatif à travers l’Europe et les régions d’Asie centrale » a récemment affirmé le président de Transparency international José Ugaz. Le dernier baromètre publié par l’ONG sur la perception des citoyens relative à la corruption en Europe est alarmant. Sur les 60 000 personnes interrogées à travers 42 pays, un tiers pense que la corruption constitue un problème majeur. Quelques pays comme l’Arménie, la Bosnie, la Lituanie, la Moldavie, et la Russie « sont marqués par une perception élevée de la corruption parmi les parlementaires, un fort taux de corruption et un environnement social négatif pour engager des actions contre la corruption. »

Une forte perception de la corruption dans les pays de l’Est

D’après les résultats obtenus, les habitants d’Europe de l’Est considèrent la corruption comme un problème majeur dans leurs pays. Plus de 60% des interrogés ont exprimé cette opinion en Moldavie, au Kosovo et en Ukraine. À l’inverse, peu de répondants en Allemagne, Suède et en Suisse perçoivent ce phénomène comme un souci. En France, 23% des personnes questionnées estiment la corruption comme problématique.

Des mesures anticorruption jugées insatisfaisantes

Les sondés se révèlent insatisfaits des actions prises par leurs gouvernements respectifs pour lutter contre la corruption. Plus de la moitié (53%) déclarent que leur gouvernement se comporte mal pour combattre ce fléau et moins d’un quart se déclarent satisfaits des mesures prises. Les gouvernements ukrainien (86%), moldave (84%), bosniaque (82%) et espagnol (80%) sont les instances les plus mal jugées par leurs citoyens. À l’inverse, les Suisses, Suédois et Portugais sont en grande majorité satisfaits des actions de leurs gouvernements. Les Français semblent insatisfaits en majorité (64%) de l’action de leurs dirigeants. La place de la France à ce sujet se situe juste après le Kosovo et l’Arménie.

Une influence trop importante

Plus de 57% des citoyens interrogés pensent que les personnes aisées influencent souvent les décisions des gouvernements dans leur propre intérêt. Le même groupe de sondés demande ainsi que des mesures plus strictes devraient être mises en place pour prévenir et enrayer ce type de phénomène. Seulement 13% des citoyens considèrent que leurs dirigeants appliquent des actions positives pour mettre fin à ce type d’action. Le juriste péruvien et président de Transparency international José Ugaz juge que :

« Dans les pays de l’UE, beaucoup de citoyens voient comment la richesse et des membres du gouvernement tournent le système à leur avantage […] Pour mettre fin à ces troublantes et profondes relations entre la richesse, le pouvoir et la corruption, les gouvernements doivent atteindre des hauts niveaux de transparence. »

Le cas de la France

Un quart des Français (23%) considèrent que la corruption ne fait pas partie des trois problèmes majeurs auxquels la France est confrontée. En revanche, l’enquête montre que les citoyens sont en grande majorité déçus de l’action de leur gouvernement. 74% des répondants indiquent également qu’il est socialement acceptable de signaler des faits de corruption. Mais en réalité, ils sont peu à le faire en raison d’une peur des conséquences engendrées par ce type de dénonciation.

De fortes recommandations

L’organisation internationale recommande d’établir plus de règles de transparence en matière de lobbying et de mettre en place un registre public des acteurs de ce secteur. Transparency encourage également les pays à adopter une législation protectrice pour les lanceurs d’alerte. Enfin l’ONG conseille aux gouvernements de soutenir les journalistes et les lanceurs d’alerte dans leur divulgation.

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