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23/01/2017

La droite autrichienne tente d’instrumentaliser la crise des réfugiés contre le gouvernement en place

Justice & Affaires intérieures

La droite autrichienne tente d’instrumentaliser la crise des réfugiés contre le gouvernement en place

Heinz Christian Strache

[Franz Johann Morgenbesser/Flickr]

Le président du Parti pour la liberté d’Autriche (FPÖ) a déposé une plainte au pénal contre le gouvernement autrichien. Un article d’EurActiv Allemagne.

Heinz-Christian Strache a déclaré que son parti considérait que l’approche adoptée par le gouvernement pour gérer l’afflux massif de migrants était un exemple de « négligence grave ». Selon eux, le gouvernement a « enfreint la loi quotidiennement ».

Heinz-Christian Strache a déclaré à la télévision autrichienne qu’il déposerait une plaine au pénal contre le chancelier Werner Faymann et les ministres de l’Intérieur et de la Défense, Johanna Mikl-Leitner et Gerald Klug, ainsi qu’avec les représentants de l’entreprise de chemin de fer autrichienne (ÖBB).

Les charges retenues contre la société fédérale des chemins de fer s’expliqueraient par le fait que son PDG, Christian Kern, est souvent perçu comme le successeur probable de Werner Faymann.

Heinz-Christian Strache dénonce le fait que l’Autriche n’a pas immédiatement fixé un nombre maximal d’arrivants par jour, a bâclé ses contrôles de sécurité, utilisé des statistiques erronées concernant les réfugiés et durci la loi sur l’asile qui est simplement « un placebo pour masquer l’échec ». En effet, le parti accuse aussi l’État d’agir comme une « organisation criminelle ». Il considère par ailleurs que parmi toutes les personnes qui traversent les Balkans occidentaux, beaucoup ne sont pas réellement des « réfugiés ».

L’UE en prend aussi largement pour son grade. Le parti envoie un message clair à Bruxelles en affirmant que c’est l’Union qui est responsable du problème. La politique du gouvernement hongrois vis-à-vis des réfugiés est, quant à elle, qualifiée d’exemplaire. En effet, la manière dont Victor Orbán gère l’afflux de migrants – avec des barrières et des patrouilles aux frontières – est saluée par le parti populiste de droite.

>> Lire : Un gouverneur autrichien veut déployer l’armée pour sécuriser les frontières

Le chef de file du FPÖ veut également mettre en place des « zones d’accueil extraterritoriales » à la frontière. Les nouveaux arrivants et leurs empreintes digitales y seraient enregistrés, et ceux qui ne présenteront pas de pièce d’identité ou ne peuvent pas prouver leur statut de réfugiés seront immédiatement renvoyés. Heinz-Christian Strache n’a toutefois pas précisé comment ces zones fonctionneraient dans la réalité et comment elles seraient financées.

Le ministère de l’Intérieur a accepté le fait qu’il était la cible numéro une des attaques politiques et s’est résigné à servir de bouc émissaire. Des experts de la police soumettront bientôt un plan pour organiser la logistique des passages frontaliers dans les régions autrichiennes de Styrie et de Carinthie afin d’optimiser le traitement des réfugiés.