La menace terroriste paralyse Bruxelles et les institutions européennes

Le Conseil européen a décidé d’annuler la majorité des réunions non-essentielles prévues le 23 novembre et la Commission européenne a encouragé son personnel à faire du télétravail. 

Cinémas, salles de concert, piscines, métros et certains bars et magasins sont restés fermés ce week-end à Bruxelles. Presque tous les événements sportifs, même les rencontres des enfants, ont été annulées ce week-end et les universités, écoles et crèches n’ouvriront pas ce lundi 23 novembre.

Le 22 novembre, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre, Charles Michel, a expliqué que les services de sécurité craignaient un attentat similaire à celui de Paris, avec plusieurs attaques à des endroits différents.

La nuit du 22 au 23 novembre, 16 personnes ont encore été arrêtées par la police dans le contexte des attentats à Paris. Le principal suspect, Salah Abdelsam, est toujours en fuite et serait resté dans la région de Bruxelles-Capitale. La capitale belge est donc en état d’alerte maximum pour le troisième jour consécutif.

Cibles potentielles

Les centres commerciaux, rues passantes et transports publics sont autant de cibles potentielles, a-t-il ajouté, assurant que le gouvernement allait encore renforcer la présence policière et militaire à Bruxelles.

Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur, a pour sa part déclaré à la télévision flamande VRT que Salah Abdeslam n’était pas la seule menace. « Ce danger ne provient pas d’une seule personne. Nous recherchons plusieurs individus. C’est pourquoi nous avons déployé autant de ressources », a-t-il expliqué.

Peu après les conférences de presse, une série de raids a débuté. Des véhicules blindés et des hélicoptères ont été déployés pour 19 perquisitions à Bruxelles et trois dans la ville industrielle de Charleroi, à 50 km au sud de la capitale.

Privés de sortie ce week-end, les Belges ne cèdent cependant pas à la panique sur les réseaux sociaux. Il a été demandé aux journalistes et internautes de ne pas publier d’informations sur les opérations en cours, réaction immédiate: des photos de chats ont envahis Twitter.

Le Conseil en alerte orange, mais pas la Commission

Le Conseil européen a relevé son niveau d’alerte de « jaune » à « orange », par mesure de précaution, parallèlement au niveau d’alerte national, qui est passé de 3 à 4, le maximum, dans la nuit de vendredi à samedi. Les ministres des Finances des pays de la zone euro se rencontreront comme prévu, mais d’autres réunions ont été supprimées.

Sur Twitter, Andrew Duff, ancien eurodéputé libéral britannique, a espéré que l’annulation des réunions non-essentielles deviendra une habitude dans les institutions européennes.

La Commission a décidé de garder son niveau d’alerte à « jaune », mais les garderies, crèches et écoles européennes resteront fermées et l’exécutif encourage donc son personnel à utiliser des solutions de télétravail et autres arrangements flexibles.

Au début du week-end, le grand rabbin de Bruxelles a annoncé que les synagogues resteraient closes, une première depuis la Deuxième Guerre mondiale. La protection des lieux de rencontre et de culte juifs a été renforcée.

Le président américain, Barack Obama, a rappelé que le meilleur moyen de lutter contre l’extrémisme de l’État islamique était de ne pas céder à la peur. Il a également décidé de ne pas annuler sa participation aux négociations pour le climat qui se dérouleront à Paris en décembre et a appelé les autres dirigeants mondiaux à faire de même.

« Je pense qu’il est absolument vital que chaque pays, chaque dirigeant, envoie le message que la haine d’une poignée de tueurs n’empêcherait pas le monde de prendre des décisions cruciales », a-t-il déclaré.

Le 20 novembre, le Conseil de sécurité ONU a autorisé les pays à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour combattre les djihadistes de l’État islamique après la série d’attaques de ces dernières semaines. L’EI a en effet revendiqué l’attentat contre un avion russe en Égypte, qui a fait 224 morts et l’attaque d’un hôtel de luxe au Mali (19 morts).

La Russie a approuvé une résolution proposée par la France, dans une rare démonstration d’unité diplomatique. Depuis quatre ans, la Russie et l’Occident se sont affrontés sur la gestion de la crise en Syrie. Le Kremlin soutient en effet le gouvernement de Bachar Al-Assad, alors que les Occidentaux soutiennent l’opposition.