EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

19/01/2017

La moitié des djihadistes européens en Syrie et en Irak sont Français

Justice & Affaires intérieures

La moitié des djihadistes européens en Syrie et en Irak sont Français

Le nombre de djihadistes français partis pour la Syrie ou pour l'Irak a augmenté de 84 % depuis janvier 2014.

[Shutterstock/Oleg Zabielin]

Près de 1.500 Français au total ont quitté la France à destination des zones de jihad en Syrie et en Irak, où ils constituent près de la moitié des djihadistes européens, selon un rapport sénatorial publié mercredi 8 avril. 

Une commission d’enquête sénatoriale a présenté mercredi 8 avril 110 propositions afin de mieux «lutter contre les réseaux jihadistes, en France et en Europe».

Pour « prévenir la radicalisation », le rapport préconise de « mettre en place des actions obligatoires de formation à la détection de la radicalisation à destination de tous les acteurs de terrain » (personnels enseignants, conseillers d’éducation, éducateurs, magistrats en charge des affaires familiales…).

Mesures préventives

Il suggère également « d’intégrer dans les programmes scolaires une formation à la réception critique des contenus diffusés sur Internet » et « d’élaborer des contre-discours adaptés aux profils variés et de s’appuyer pour leur diffusion sur la parole d’anciens djihadistes ou extrémistes repentis ».

>>Lire : L’UE veut lutter contre la propagande djihadiste sur le Net

Afin de « mieux contrôler les frontières de l’Union européenne », le rapport suggère aussi « d’augmenter les effectifs de la police de l’air et des frontières (PAF) » et de former « un corps de garde-frontières européens ».

Augmentation du nombre de djihadistes français

Le rapport note par ailleurs une hausse considérable du nombre de Français ayant quitté la France pour les zones de jihad en Syrie et en Irak. Le chiffre de 1.500 djihadistes française représente une augmentation de 84 % comparé à celui de janvier 2014.

Présentant ce rapport, le sénateur Jean-Pierre Sueur a souligné que sur les quelque 3.000 djihadistes européens recensés dans les régions tenues par le groupe Etat islamique – il a précisé que tous sont loin d’avoir été recensés -, près de la moitié, soit 47 %, sont Français.

>>Lire : Les jeunes djihadistes européens préoccupent Bruxelles

« Les services de la Direction centrale de la sécurité intérieure (DGSI) suivent actuellement plus de 3.000 personnes suspectées d’être impliquées dans des filières syriennes, un chiffre en augmentation de 24 % par rapport au mois de novembre 2014 », a ajouté le parlementaire.

Le rapport précise que sur les 1.432 Français concernés par cette filière, 413 se trouvent effectivement dans les zones de combat, dont 119 femmes. En outre, 261 ont quitté la zone de jihad, dont 200 pour regagner la France, et 85 auraient été tués sur place alors que deux sont emprisonnés en Syrie.

Selon le parlementaire, 152 islamistes radicaux sont actuellement incarcérés en France, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », dont seulement 22 avaient effectué un séjour préalable en prison.

Plus d'information

Sénat