La politique d’asile plus stricte en Suède n’entame pas le succès de l’extrême droite

Jimmie Åkesson, chef de file des Démocrates de Suède, le parti d'extrême droite. [News Oresund/Flickr]

L’adoption de politiques d’asile plus strictes en novembre n’a pas enrayé le succès de l’extrême droite suédoise, qui bénéficie d’un soutien de plus en plus massif, révèle un nouveau sondage.

Réalisé par Novus et publié par TV4, un nouveau sondage montre que les Démocrates de Suède, le parti d’extrême droite, obtiendrait 22 % des votes (soit 1,3 % de plus qu’en novembre) si les élections générales avaient lieu maintenant, devenant ainsi le premier parti d’opposition devant les Modérés, crédités de 21,4 % des voix.

Les Démocrates de Suède et leur chef de file, Jimmie Akesson, seraient, selon le sondage, le parti le plus populaire chez les hommes.

C’est le parti de centre gauche au pouvoir, les Sociaux-démocrates, qui reçoit le plus d’intention de votes, avec 24,7 %. Désormais, le gouvernement ne délivre plus que des cartes de séjour temporaires aux réfugiés et se contente de respecter les normes minimales du droit européen et international en matière de politique d’asile.

La Suède devrait recevoir un total de 200 000 demandes d’asile en 2015, le plus grand nombres de réfugiés de toute l’UE, proportionnellement à la population du pays. La Commission européenne a donc exempté le pays scandinave du nouveau système de relocalisation de l’UE.

« La pression s’est considérablement relâchée. Il y a cinq semaines, quand elle était à son apogée, nous recevions 10 000 demandeurs d’asile par semaine. Aujourd’hui, nous n’en recevons plus qu’un tiers », a déclaré Johan Harald, de l’Agence pour la migration, sur la radio Sveriges.

Dans le même temps, 395 réfugiés ont décidé de retirer leur demande en octobre, et 627 en novembre.

>> Lire : Le Danemark réintroduit les contrôles aux frontières

Le 17 décembre, le parlement suédois doit se prononcer sur l’introduction de contrôles d’identité dans les bus, les trains et les ferries qui arrivent en Suède. Le pays procède déjà à des contrôles frontaliers sur le pont Øresund, qui relie la Suède et le Danemark.

Mats Knutson, analyste politique pour la chaine SVT, a affirmé que le sondage était très inquiétant pour le Premier ministre Stefan Löfven, qui a déjà fait d’importantes concessions en matière de migration.

La manière dont le gouvernement gère la crise des réfugiés sera cruciale pour les élections générales. Pour sortir son parti de la crise, Stefan Löfven n’a que deux solutions : soit se rallier aux partis d’opposition de droite, soit coopérer avec les Démocrates de Suède, a précisé Mats Knutson.

Contexte

Au grand dam de la Hongrie et d'autres anciennes républiques soviétiques, qui se sont opposées au plan, l'Union européenne a décidé de répartir 120 000 réfugiés parmi ses États membres. Cela ne représente qu'une petite portion des 700 000 réfugiés qui, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), devraient atteindre les frontières de l'Europe cette année, en provenance d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient.

L'UE courtise également la Turquie avec des promesses d'argent, d'exemption de visa et de nouveaux chapitres dans les négociations d'adhésion pour qu'Ankara essaye de juguler l'afflux de réfugiés sur son territoire.