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22/01/2017

La Roumanie veut bien accueillir des réfugiés si elle entre dans Schengen

Justice & Affaires intérieures

La Roumanie veut bien accueillir des réfugiés si elle entre dans Schengen

Le Premier ministre roumain, Victor Ponta.

[Partidul Social Democrat/Flickr]

Le Premier ministre roumain, Victor Ponta, a déclaré que son pays demanderait à être accepté dans l’espace Schengen si des quotas obligatoires sont mis en place.

Depuis plusieurs années déjà, la Roumanie remplit a priori les conditions pour rejoindre l’espace Schengen. Les autres Etats membres refusent toutefois de laisser le pays rentrer pour des raisons politiques principalement.

Tout comme la Bulgarie, la Roumanie est entrée dans l’UE en 2007 sous la surveillance du « mécanisme de coopération et de vérification », établi par la Commission européenne, qui surveille les progrès du pays jusqu’à ce que toute lacune soit éliminée.

>> Lire : La Bulgarie doit-elle intégrer l’espace Schengen?

« La solidarité est synonyme de droits et d’obligations. S’ils veulent que nous ayons les mêmes obligations, ils doivent nous donner les mêmes droits », a déclaré Victor Ponta le 7 septembre. « La Roumanie est victime d’injustice au sujet de Schengen. Les pays qui nous demandent d’être solidaires sont les mêmes pays qui ne cessent de repousser notre entrée dans l’espace Schengen. »

Jean-Claude Juncker, doit dévoiler le 9 septembre un plan ambitieux pour faire face à la crise des réfugiés qui ébranle l’UE. Les propositions de la Commission concernant la répartition des réfugiés devront être adoptées par les États membres à la majorité qualifiée. 160 000 réfugiés, actuellement en Italie, Grèce et Hongrie, doivent être relocalisés.

>> Lire : France et Allemagne font volte-face en réclamant des quotas de réfugiés

Selon Reuters, la Roumanie devrait accepter 6 351 réfugiés, alors que l’Allemagne devra en accueillir 40 000 et la France 30 000.

Avec les infrastructures existantes, la Roumanie peut accueillir un maximum de 1 500 réfugiés, a déclaré Victor Ponta.

La Bulgarie est dans la même situation que la Roumanie concernant Schengen. Selon la presse bulgare, Victor Ponta aurait téléphoné au Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, pour parler de la crise des réfugiés.

>> Lire : L’Allemagne prête laisser la Roumanie et de la Bulgarie entrer dans l’espace Schengen

Le service de presse du gouvernement bulgare a toutefois rejeté l’idée selon laquelle la crise des réfugiés était liée à l’admission des deux pays dans l’espace Schengen. 

Contexte

Lorsque la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE le 1er janvier 2007, des lacunes demeuraient en termes de réformes du système judiciaire et de lutte contre la corruption. Dans le cas de la Bulgarie, la lutte contre le crime organisé posait également problème.

Un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) a été mis en place pour assister les deux pays dans le domaine judiciaire après leur adhésion à l'Union.

Sept ans après l’adhésion des deux pays, le MCV est encore en marche sous l’actuelle Commission.

Ces derniers mois, la Roumanie a condamné plusieurs hauts responsables pour corruption. Les derniers rapports de la Commission concernant la Roumanie sont plus positifs que ceux concernant la Bulgarie.