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29/08/2016

La Roumanie veut faire partie du noyau dur de l’UE

Justice & Affaires intérieures

La Roumanie veut faire partie du noyau dur de l’UE

Klaus Iohannis [Commission européenne]

Le président roumain, Klaus Iohannis, s’est rendu à Bruxelles pour sa première visite à l’étranger. S’exprimant aux côtés de Jean-Claude Juncker, il a déclaré que son pays espérait se défaire du contrôle de l’UE sur son système judiciaire déficient avant la fin de son quinquennat.

Klaus Iohannis, ancien maire de Sibiu issu de la minorité allemande de Transylvanie, a remporté les élections présidentielles roumaines le 16 novembre dernier et a pris ses fonctions le 21 décembre.

>> Lire : Klaus Iohannis élu président en Roumanie dans un contexte tendu

Jean-Claude Juncker a déclaré à la presse qu’il connaissait Klaus Iohannis depuis longtemps et qu’il entretenait des « relations privilégiées » avec le président roumain. Il a ajouté que peu de personnes savaient que Hermannstadt n’avait pas été peuplé par des Saxons mais par des Luxembougeois. Hermannstadt est l’ancien nom de Sibiu, où Klaus Iohannis a occupé la fonction de maire de 2000 à 2014, étant réélu à chaque fois par une écrasante majorité des électeurs.

Le chef d’État roumain a affirmé que sa première visite à Bruxelles était cordiale et qu’il avait observé « de nombreux points communs sur des sujets importants pour la Roumanie. »

Il a expliqué que l’objectif de cette visite était de finaliser le processus d’intégration de la Roumanie dans l’UE pour que le pays devienne un membre accepté et respecté, comme tous les pays membres formant le noyau dur de l’Union européenne.

« L’européanisation totale de la Roumanie est la priorité de mon mandat » a certifié Klaus Iohannis.

Schengen en suspens

Le président roumain a affirmé que lui et Jean-Claude Juncker partageaient « le même point de vue sur l’espace Schengen ». Le président de la Commission lui a exprimé son soutien pour l’accès de la Roumanie à la zone de libre circulation de l’Union européenne.

Selon la Commission, la Roumanie et la Bulgarie, qui ont rejoint l’UE en 2007, sont techniquement prêtes à entrer dans l’espace Schengen. Pourtant, certains États membres sont encore réticents à cette intégration et se justifient par le fait que la Roumanie et la Bulgarie reçoivent toujours l’assistance de la Commission en termes de réformes de leurs systèmes judiciaires, via le mécanisme de coopération et de vérification (MCV). La Commission souligne pour sa part que le MCV et l’adhésion à l’espace Schengen sont deux questions différentes.

>> Lire : Les Roumains perdent espoir d’intégrer Schengen

Au sujet du MCV, Klaus Iohannis a annoncé qu’un nouveau rapport serait publié « dans quelques jours ».

« Nous avons convenu que durant nos quinquennats respectifs nous parviendrions à finaliser ce processus d’intégration car la Roumanie a réussi à renforcer ses institutions, à consolider l’État de droit et l’indépendance de la justice », a ajouté le président roumain.

Tout en développant l’idée que la Roumanie devrait faire partie du noyau dur des États membres de l’UE, il a affirmé avoir discuté de l’accession de la Roumanie à la zone euro avec Jean-Claude Juncker.

« Sans entrer dans les détails, nous avons décidé de travailler également sur cette piste », a-t-il déclaré.

Klaus Iohannis a précisé qu’il avait aussi discuté des fonds européens attribués à son pays et qu’il avait demandé le soutien du président de la Commission pour que les fonds soient bel et bien investis. Le taux dit “d’absorption” de la Roumanie, ou sa capacité à investir les montants qui lui sont réservés, est le plus bas de l’UE.

Groupe de soutien pour une meilleure utilisation des fonds

Corina Cre?u, commissaire européenne en charge des politiques régionales, a également pris la parole aux côtés de Klaus Iohannis et Jean-Claude Juncker. Elle a rappelé qu’un groupe spécial avait été créé pour soutenir les États membres ayant un faible taux d’absorption des fonds européens.

Selon Corina Cre?u, la Commission communique avec les autorités de ces pays sur le sujet. Elle a rappelé à son audience que décembre 2015 était la dernière limite pour utiliser les fonds budgétaires 2007-2013 de l’UE.

>> Lire : Corina Cre?u : « Je vais supprimer les investissements de luxe » de l’UE

Corina Cre?u et le commissaire Johannes Hahn se rendront ensemble en Roumanie et en Moldavie pour renforcer le sentiment d’appartenance à l’UE.

 

Contexte

Lorsque la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'UE le 1er janvier 2007, des lacunes demeuraient en termes de réformes du système judiciaire et de lutte contre la corruption. Dans le cas de la Bulgarie, la lutte contre le crime organisé posait également problème.

Un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) a été mis en place pour assister les deux pays dans le domaine judiciaire après leur adhésion à l'Union. Sept ans après l’adhésion des deux pays, le MCV est encore d'actualité et sera poursuivi sous la prochaine Commission.

Jusqu'à ce jour, la Commission a publié des rapports d'évaluation tous les six mois. Chaque rapport examine les progrès réalisés en termes de réformes judiciaires, de lutte contre la corruption et, dans le cas de la Bulgarie, de la lutte contre le crime organisé.