La Serbie renforce les contrôles sur les migrants

Réfugiés syriens en Serbie. [BETA]

Les autorités serbes ont annoncé une intensification des contrôles des réfugiés aux frontières après les attentats de Paris. Sept citoyens serbes ont perdu la vie le 13 novembre. Un article d’EURACTIV Serbie.

Malgré le renforcement des contrôles, les représentants serbes ont assuré qu’ils n’admettraient pas qu’une « campagne anti-musulmans » soit menée dans le pays.

Le 14 novembre, Aleksandar Vu?i?, le Premier ministre, a rencontré l’ambassadrice française en Serbie, Christine Moro, afin d’exprimer sa solidarité avec le peuple français. « Même si la Serbie est un petit pays, elle essayera d’aider le plus possible », lui a-t-il assuré. Sept ressortissants serbes ont également perdu la vie dans les attentats du 13 novembre.

Nebojsa Stefanovic, ministre de l’Intérieur, a déclaré le 14 novembre que la sécurité en Serbie était stable, mais a ajouté que tous les services de sécurité seraient mis en alerte. « Cela signifie que nous renforceront les contrôles des migrants qui traversent notre pays, nous les identifierons tous », a-t-il déclaré à la chaine RTS.

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Un terroriste passé par la Serbie

Le ministère de l’Intérieur a déclaré le 15 novembre que l’un des suspects, qui fait l’objet d’une enquête en France, a été enregistré à Presevo, à la frontière sud du pays, le 7 octobre. Il y aurait introduit une demande d’asile.

« Selon nos contrôles, il s’agirait de la même personne qui est passée par la Grèce le 3 octobre. Il n’y a pas eu de mandat Interpol à son nom », apprend-on dans le communiqué du ministère, qui continue de coopérer avec les services de sécurités français.

Aide aux réfugiés

Nebojsa Stefanovic a estimé qu’il n’y avait pas lieu de changer la politique sur les migrants et que le gouvernement « n’admettra aucun type de campagne anti-musulmans ».

Aleksandar Vulin, ministre du Travail, a expliqué à RTS que la Serbie s’assurait que les besoins des réfugiés étaient satisfaits, tout en évitant que la vie des citoyens n’en soit perturbée.

Selon lui, le camp de réfugiés de Presevo comptait environ 3 000 occupant ce samedi 14 novembre. Quelque 2 000 migrants attendent d’être transportés vers la frontière croate.

Depuis le début de la crise des réfugiés, Belgrade a décidé de ne pas ériger de mur à sa frontière et de fournir l’aide nécessaire aux réfugiés.

Le Parti populaire serbe, formation de droite, pro-russe et très eurosceptique, est le seul parti du parlement qui a appelé à un changement de cette politique. Nenad Popovic, leader de ce parti qui dispose d’un siège au parlement, a estimé que les attentats de Paris prédisaient l’avenir de l’Europe si elle continuait de laisser les terroristes entrer librement sur son territoire, parmi les migrants. Il souhaite que la Serbie ferme sa frontière avec la Macédoine, déploie son armée et construise un mur.