Le groupe de Visegrád rejette les quotas de migrants

Les Premiers ministres hongrois, polonais, slovaque et tchèque, lors du sommet de Visegrád à Prague. [Czech Republic]

Lors d’un sommet le 4 septembre, le groupe de Visegrád, qui comprend la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne, a rejeté l’idée de quotas obligatoires pour l’accueil des réfugiés.

Dans une déclaration commune, les quatre États se déclarent en faveur de « la préservation de la nature volontaire des mesures de solidarité européennes », et assurent que « toute proposition menant à l’introduction de quotas obligatoires et permanents […] serait inacceptable ».

Le 9 septembre, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, doit proposer un mécanisme permanent basé sur des quotas obligatoires d’accueil de réfugiés. Les quatre pays d’Europe centrale ont toutefois clairement annoncé qu’ils n’adhéraient pas à cette idée.

La Première ministre polonaise, Ewa Kopacz, estime qu’une telle mesure ne ferait qu’attirer plus de réfugiés vers l’UE. Si la discussion sur la crise migratoire est limitée à la redistribution des réfugiés, les pays de l’UE se rencontreront une fois par mois pour négocier des nombres, alors que le problème est ailleurs, a-t-elle ajouté.

Bohuslav Sobotka, le Premier ministre tchèque, présidait la réunion, qui s’est déroulée à Prague. Il partage l’opinion de son homologue polonaise. Selon lui, le nœud du problème est plutôt l’incapacité de l’UE à réguler l’immigration et de calmer la situation dans des pays comme la Syrie et la Libye.

« Nous tombons d’accord sur le fait que le débat sur les quotas a un seul objectif : détourner l’attention publique du vrai problème, le fait que l’Europe se montre incapable de réguler l’immigration », a-t-il déclaré.

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Dans leur déclaration commune, Prague, Bratislava, Budapest et Varsovie appellent à une meilleure contribution de l’UE dans la résolution des conflits en Libye, en Syrie et dans le Moyen-Orient, en « impliquant tous les acteurs mondiaux concernés, comme les États-Unis et la Fédération russe ».

Johanna Mikl-Leitner, la ministre de l’Intérieur autrichienne, a récemment proposé de réduire les financements européens pour les États qui n’accueillent pas assez de migrants. Le Premier ministre tchèque a qualifié cette proposition de chantage inacceptable.

Comme on pouvait s’y attendre, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, s’est également opposé aux quotas. Il n’est toutefois pas en faveur de la fermeture des frontières internes dans l’espace Schengen, et souligne que leur fermeture serait un échec cuisant pour la politique européenne.

La déclaration commune indique que les quatre pays acceptent d’augmenter leur aide matérielle et financière aux groupes de réfugiés les plus vulnérables et aux pays où arrivent un grand nombre d’immigrants. Ils estiment également que les décideurs européens devraient accorder plus d’attention à l’immigration via les Balkans, et pas seulement à la Méditerranée.

La Slovaquie, la Pologne et la République tchèque auraient en outre offert d’aider le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, à gérer la vague de migrants sans précédent qui a déferlé sur la Hongrie ces derniers mois.

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Bohuslav Sobotka a assuré que Budapest n’avait pas demandé d’aide particulière, mais que Viktor Orbán pourrait faire appel aux trois autres États si la crise continuait.

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