Les Allemands affichent un front uni contre la xénophobie

Partout en Allemagne, des manifestants demandent plus de solidarité et d'accueil pour les réfugiés. [Takver/Flickr]

Suite à une recrudescence de violence contre les demandeurs d’asile, une vague de solidarité avec les réfugiés a déferlé en Allemagne.  Dans de nombreuses villes du pays, des manifestants se sont regroupés pour protester contre les discours de haine. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Le week-end dernier, des politiques et des chefs d’entreprises ont exhorté la population à lutter contre la xénophobie, et à s’unir pour aider les réfugiés à s’intégrer.

Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand, a qualifié de scandaleuse l’absence de terrain d’entente dans la crise des réfugiés. L’Europe risque d’échouer à cause de sa gestion de la l’immigration, a déclaré le président du Parti social-démocrate (SPD) à Berlin. Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, a quant à lui averti que la manière dont l’Allemagne gérait la crise définirait l’avenir du pays.

Sigmar Gabriel demeure convaincu qu’un paquet de réformes pour l’intégration des réfugiés sera approuvé lors du prochain sommet sur la migration. Ces mesures iraient du soutien de la communauté lors du premier contact au logement en passant par l’éducation.

Après qu’un tribunal régional a annulé la décision de la ville d’Heidenau, en Saxe, d’interdire les rassemblements publics, une marche de solidarité a eu lieu le 29 août, à laquelle ont participé les réfugiés des centres d’asile de la ville. Heidenau a été le centre d’émeutes et de violences perpétrées par des néonazis et des extrémistes de droite. De nombreux participants à la marche sont venus de Dresde, où une manifestation pacifique et pro-réfugiés a eu lieu pour protester contre la politique d’asile du gouvernement.

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 « Il est de notre devoir de ne pas abandonner les plus vulnérables en temps de besoin », a déclaré Andrea Nahles, ministre du Travail (SPD), au journal Bild am Soontag. Dans le même journal, Hermann Gröhe, ministre de la Santé, a affirmé qu’aider ceux qui en ont besoin n’appauvrira pas l’Allemagne, mais que l’inaction oui.

Cet élan de solidarité du peuple allemand s’inscrit dans la foulée de la décision de Facebook d’accepter la proposition du ministre allemand de la Justice de discuter en ligne des discours de haine et de la façon d’y faire face.

Un million de réfugiés ?

Dans le même temps, l’arrivée en masse de réfugiés dans certaines régions allemandes dépassera les prévisions de 200 000 personnes du ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière. Le président de l’État de Hesse, Volker Bouffier, a déclaré à la télévision qu’il prévoyait l’arrivée d’un million de réfugiés. Son homologue du Brandebourg, Dietmar Woidke, a déclaré au Tagesspiel que l’État se préparait à encore plus d’arrivées.  « Je n’exclus rien, même pas le million », a-t-il déclaré, faisant référence à l’ensemble du pays.

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Les services de renseignement de Saxe voient dans les récentes émeutes de Heidenau une nouvelle forme de violence des extrémistes de droite.  « La volonté d’attaquer des officiers de police, et la brutalité de ces attaques sont des dimensions nouvelles », a déclaré Gordian Meyer-Plath, responsable des services de renseignements. Par le passé, les extrémistes de droite ont relativement bien coopéré avec la police.

Selon le journal Der Spiegel, le service de renseignement national s’interroge sur la possibilité d’un lien entre les récentes violences et une activité terroriste. L’autorité responsable de ces recherches analyse les émeutes d’Heidenau pour voir si elles peuvent être qualifiées de terrorisme, explique Der Spiegel. Dans d’autres cas, les autorités ont lancé des procédures judiciaires. Tous les incendies criminels contre les centres de réfugiés ont été enregistrés comme des violences d’extrême droite.