Les Autrichiens majoritairement opposés à la construction d’un mur anti-migrants

Réfugiés syriens arrivant à Vienne après avoir traversé la Hongrie. [Freedom House/Flickr]

Le nombre de migrants arrivant en Autriche a légèrement diminué, mais les arrivées continuent. Vienne envisage à présent de fermer ses frontières alors que l’opinion publique glisse de plus en plus vers l’extrême droite. Un article d’EURACTIV Allemagne.

La politique autrichienne vis-à-vis des réfugiés à oscillé en fonction d’une opinion publique qui a sensiblement glissé vers la droite depuis quelques semaines en Autriche et en Suisse. Selon un sondage réalisé par GfK-Austria à Vienne pour EURACTIV Allemagne, le sujet de l’asile divise profondément les Viennois.

Pour 80 % d’entre eux, la crise des réfugiés est le sujet le plus brûlant des conversations en famille, entre collègues ou avec des amis en ce moment. L’emploi et l’éducation ne sont placés en première place que par respectivement 5 et 4 % des personnes interrogées. La moitié d’entre elles estiment que le pays est presque à sa capacité d’accueil maximale, et 49 % voudraient de meilleurs contrôles à la frontière pour limiter le nombre d’arrivées. Pourtant, 63 % des Viennois trouvent que la construction de murs physiques n’est pas une solution.

90% des Viennnois voteraient pour un parti d’extrême droite

Seules 37 % des personnes interrogées se disent satisfaites avec le travail du gouvernement, vivement critiqué par les autres 63 %. Sans surprise, l’attitude tranchée et le langage accessible des politiciens de la droite dure sont l’une des principales raisons pour lesquelles la presque totalité des Viennois (90 %) voterait pour un parti d’extrême droite.

La Bavière lance des appels presque quotidiens pour l’endiguement de la vague des réfugiés, ce qui ne passe pas inaperçu dans l’Autriche voisine. Officiellement, la Bavière et son ministre président Horst Seehofer n’ont pas d’opinion en la matière, mais il est évident que l’administration régionale trouve que Berlin devrait radicalement changer de position et limiter considérablement le nombre de réfugiés qui traversent la frontière sud du pays en imposant des contrôles plus stricts.

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De nouveaux « hotspots » en Autriche

L’afflux de migrants devrait se restreindre dans les mois à venir, puisque l’hiver les découragera d’entreprendre le périlleux périple vers l’Europe.

Les nouvelles mesures adoptées par l’Allemagne, plus restrictives, devront également commencer à avoir un impact. L’Autriche compte introduire des mesures similaires rapidement. Les nouvelles réglementations rendront l’accès à l’asile plus compliqué et remplaceront les aides financières par des alternatives non monétaires, comme des coupons alimentaires, ce qui devrait rendre les deux pays moins attirants aux yeux des migrants.

La Slovénie a pour sa part déjà limité le nombre d’arrivants en mettant en place un plafond journalier de 2 500 personnes enregistrées, dont la plupart sont des réfugiés syriens, irakiens et afghans qui souhaitent introduire des demandes d’asile. Cette mesure a eu des conséquences dans les Balkans, en créant un blocage, une sorte d’embouteillage en Croatie et en Serbie. Quelque 5 000 personnes arriveraient tous les jours en Serbie après être passées par la Grèce.

Le 16 octobre, la Hongrie a annoncé la fermeture complète sa frontière avec la Croatie. Depuis le 18 octobre, plus aucun réfugié n’est donc arrivé en Autriche via la Hongrie. Les réfugiés traversent donc à présent la frontière slovène, et les villes de Spielfeld et Bad Radkersburg qui sont à présent devenues les étapes incontournables.

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Le nombre de migrants arrivant en Europe s’est légèrement réduit et seuls 3 000 arrivants ont franchi la frontière austro-slovène ce week-end, selon les chiffres officiels.

Les demandes d’asile des réfugiés sont à présent enregistrées avec plus de justesse et de diligence, ce qui a eu pour effet une hausse du temps d’attente et du nombre de dossiers en attente. Le 17 octobre, la gare principale de Salzbourg était si encombrée que les autorités ont pensé la fermer temporairement. L’ensemble de ces facteurs est à l’origine des appels pour une meilleure surveillance des frontières de l’Autriche.