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03/12/2016

Les camps de réfugiés favorisent les maladies contagieuses

Justice & Affaires intérieures

Les camps de réfugiés favorisent les maladies contagieuses

Des réfugiés en mer, sauvés par Frontex. [Frontex]

Un rapport publié par l’agence européenne de prévention des maladies explique que le risque pour les Européens de contracter une maladie infectieuse transmise par les réfugiés est faible, mais recommande aux pays de se préparer à une telle menace sanitaire.

Certains médias ont rapporté des informations inquiétantes concernant des migrants porteurs de la malaria, de la tuberculose, du sida et de la gale. Des cas de Leishmaniose, une maladie qui s’attaque aux organes, parmi les réfugiés, inquiètent fortement les États-Unis.

En novembre dernier, l’Institut Gatestone, un groupe de réflexion de droite basé aux États-Unis, connu pour sa position pro-Israël, a publié un document alarmant sur l’Allemagne. L’Institut y citait des sources médicales affirmant que des réfugiés pouvaient porter des maladies exotiques, auxquelles le système de santé allemand n’était pas préparé.

Le rapport de Gatestone révèle aussi que les hôpitaux allemands accroissent la sécurité pour protéger leurs médecins et infirmiers d’attaques violentes de la part de réfugiés non satisfaits des traitements médicaux qu’ils reçoivent, que les musulmanes refusent d’être soignées par des docteurs hommes, et que de nombreux musulmans refusent d’être soigné par des femmes.

EurActiv a demandé à la Commission d’évaluer la véracité de telles informations. Enrico Brivio, porte-parole de la Commission, n’a pas souhaité faire de commentaires particuliers sur cette publication, mais a fait référence à un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui a également évalué la situation en novembre dernier.

Un risque pour les migrants ?

« Le risque pour les Européens d’attraper une maladie épidémique présente chez les réfugiés est extrêmement bas puisque les niveaux d’hygiène, la surpopulation et l’accès limité à de l’eau propre, responsables de leur transmission, sont spécifiques aux centres d’accueil », assure l’ECDC.

Le rapport indique par ailleurs qu’actuellement les réfugiés ne sont pas une menace pour l’Europe en ce qui concerne les maladies transmissibles, mais qu’il faut concentrer la prévention et les contrôles sur ces personnes, qui sont les plus vulnérables.

Le rapport reconnaît toutefois qu’il existe « très peu d’informations sur la santé des réfugiés actuellement en Europe ». Il mentionne toutefois 27 cas de fièvre récurrente à poux à différents endroits de la route suivie par les réfugiés arrivant en Italie, ainsi que quatre cas de tuberculose parmi les réfugiés se trouvant à Calais.

>> Lire : L’OMS réclame une stratégie européenne pour la santé des réfugiés

Dans ses conclusions, le rapport recommande aux États membres faisant face à un afflux de réfugiés d’évaluer leur capacité de réaction aux maladies infectieuses.

Selon l’ECDC, le risque que les réfugiés contractent des maladies transmissibles a augmenté à cause de l’entassement dans les centres d’accueil et du faible niveau d’hygiène qui en résulte. Les cas de problèmes respiratoires et de gastroentérites pourraient aussi augmenter ces prochains mois.

L’ECDC estime que la faible couverture vaccinale et la fréquence de certaines maladies pourraient entrainer des cas de rougeoles et de varicelles chez les réfugiés.

Vytenis Andriukaitis, commissaire à la santé, et médecin de formation, considère que les réfugiés sont les plus exposés aux maladies, à cause de leurs conditions de vie lorsqu’ils arrivent en UE et lorsqu’ils transitent d’un pays à un autre.

Au besoin, la Commission se tient prête à réagir avec les États membres, en cas de menace grave sur la santé, a assuré Enrico Brivio.