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01/10/2016

Les listes de combattants étrangers restent perfectibles

Justice & Affaires intérieures

Les listes de combattants étrangers restent perfectibles

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EFE/GUILLAUME HORCAJUELO

Le partage d’information présente des lacunes au niveau européen. Les listes d’individus partis faire le djihad recensent 1615 personnes, alors que 5000 Européens ont rejoint la Syrie ou l’Irak.

Mieux partager les informations antiterroristes pour réagir de manière plus efficace et unie aux menaces comme la radicalisation et le financement du terrorisme : tel est le sujet abordé par le commissaire européen Dimitris Avramopoulos et les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice, le 21 avril, à Luxembourg.

L’exécutif a demandé au Parlement et au Conseil de finaliser le plus vite possible une nouvelle version du règlement d’Europol et d’approuver les propositions législatives pour améliorer l’échange d’information et l’interopérabilité des bases de données et des systèmes d’information, ainsi que d’étendre le registre euroéen des casiers judiciaires (ECRIS) aux citoyens non membres de l’Union.

Le Conseil des ministres a adopté la directive relative à l’utilisation des données des dossiers passagers (PNR), qui obligera les compagnies aériennes à transmettre aux pays de l’UE les données de leurs passagers afin d’aider les autorités à lutter contre le terrorisme et les formes graves de criminalité.

À son départ de Luxembourg, Bernard Cazeneuve, ministre français de l’Intérieur, a insisté sur le fait que cette adoption devait s’accompagner d’une réelle interconnexion des fichiers, mais aussi de l’obligation de les consulter.

>> Lire : Le débat sur le PNR tourne au bal des hypocrites

Les ministres ont approuvé la création d’un groupe d’experts sur les systèmes d’informations et d’interopérabilité avec les agences de l’UE pour pallier les lacunes et la fragmentation dont souffrent les États membres.

Quant à la menace que représente le retour des combattants terroristes étrangers, la Commission a demandé que les autorités nationales soient « pleinement informées des mouvements » de ces personnes, tant de leur entrée que de leur sortie de l’UE.

Un nouveau système de partage d’information

La Commission européenne a aussi réclamé que les autorités partagent l’information entre elles, et avec les agences européennes via le Système d’information Schengen (SIS) et le fichier anti-terroriste d’Europol, l’EIS.

L’exécutif et la présidence néerlandaise travaillent sur un plan d’action pour que le SIS se concentre sur les combattants étrangers.

La révision du SIS se concentrera donc sur le renvoi des immigrants illégaux, les interdictions d’entrée, l’utilisation de photos pour l’identification biométrique et les nouvelles alertes pour les personnes recherchées non identifiées.

>> Lire : «Le Royaume-Uni est mieux dans l’UE pour combattre le terrorisme »

Côté Europol, le système d’information ne recense que 1 615 combattants étrangers référencés par les États membres. Or, selon le document présenté aux ministres européens, des estimations fiables évaluent « autour de 5 000 le nombre de ressortissants européens qui ont voyagé vers la Syrie et l’Irak pour rejoindre l’Etat islamique (EI) ou d’autres groupes extrémistes ».

« Ces écarts entre les différents chiffres, cela veut dire que certains États membres ne nourrissent pas toutes les bases de données communes », a commenté une source européenne, citée par l’AFP. « Des individus dangereux peuvent ainsi revenir et ne pas être détectés », a-t-elle ajouté.

Lutte européenne contre la radicalisation

D’autre part, la Commission considère qu’il faut « donner la priorité à la prévention de la radicalisation et du recrutement de citoyens européens par des organisations terroristes ». Une tâche qui repose directement sur les épaules des États membres qui « doivent s’assurer que les personnes déjà radicalisées suivent un programme de déradicalisation et ne diffusent pas une propagande terroriste ou des discours d’incitation à la haine ».

La Commission a indiqué que le Parlement européen et le Conseil devaient atteinte au plus vite un accord sur la proposition de directive sur la lutte contre le terrorisme. Le but est de renforcer la définition des délits liés au terrorisme comme voyager à des fins terroristes, ou aider financièrement ou matériellement des terroristes.

L’exécutif européen a de nouveau souligné la nécessité de renforcer le centre européen de lutte contre le terrorisme « pour qu’il devienne un centre de renseignement policier » pour l’analyse des menaces, et soutient la mise en place de plans opérationnels de lutte contre le terrorisme.

>> Lire : Frans Timmermans appelle les 28 à plus coopérer contre le terrorisme

Selon la Commission, les pays « doivent être davantage préparés pour faire face aux risques liées à la vulnérabilité des infrastructures essentielles, doivent garantir l’échange efficace d’informations utiles, se coordonner pour élaborer des mesures préventives à travers les frontières et soutenir la recherche de futures technologies et capacités ».