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22/01/2017

Les néonazis d’Aube dorée demeurent la troisième force politique en Grèce

Justice & Affaires intérieures

Les néonazis d’Aube dorée demeurent la troisième force politique en Grèce

Manifestation Aube dorée. Komotini, 2009.

[Wikimedia]

Le parti xénophobe Aube dorée a légèrement progressé avec un député de plus que lors de la dernière législature lors des dernières élections. Ses scores s’avèrent importants dans les zones les plus touchées par l’afflux de réfugiés.

Le parti xénophobe grec Aube dorée est arrivé en troisième place des élections anticipées à Athènes ce dimanche, avec 7 % des voix, et remporte donc 18 sièges au parlement. Soit un de plus que lors de la dernière législature.

>> Lire : Tsipras retrouve le pouvoir en Grèce

Près de 365 000 immigrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis le début de l’année. Plus de 2 700 d’entre eux sont morts en tentant d’atteindre l’Europe, selon les chiffres récemment publiés par l’Organisation internationale pour les migrations.

Plus de 245 000 immigrants sont arrivés illégalement en Grèce, et surtout dans les îles proches de la Turquie, depuis le mois de janvier. En Italie, ils seraient 116 000.

Certaines des destinations préférées des vacanciers, comme les îles de Lesbos et Samos, se sont transformées en port d’arrivée des réfugiés fuyant les zones de conflits dans le Moyen-Orient, et particulièrement la Syrie.

Au début du mois de septembre, l’île de Kos avait ainsi déjà enregistré 170 000 annulations pour cet été, ce qui pourrait se traduire par une perte de 7 millions d’euros pour les hôtels.

Les îles votent plus pour Aube dorée

Dans la région de Lesbos, la plus touchée par l’arrivée des migrants, le nombre d’électeurs du parti néonazi Aube dorée a augmenté et est passé de 4,7 % en janvier à 7,9 % dimanche dernier.

Étonnamment, malgré un taux d’abstention de 57 % dans la région, Aube dorée est le seul parti qui a fait un meilleur résultat qu’aux élections précédentes. 

Sur l’île de Kos, Aube dorée a même récolté 10,2 % des voix, doublant ainsi son résultat de janvier (5,9 %). À Rhodes, le parti d’extrême droite est passé de 5,8 % en janvier à 8 %. Dans l’archipel du Dodécanèse, l’augmentation est moins spectaculaire, 2,5 %, mais représente tout de même quelque 1479 électeurs supplémentaires.

Un résultat attendu

Giorgos Patoulis, président de l’union centrale des municipalités et communautés grecques, a expliqué à EurActiv qu’il n’y avait eu aucune préparation économique ou sociale à la crise de l’immigration.

« Il est à présent très clair que les situations extrêmes profitent aux partis extrêmes », souligne-t-il, accusant le gouvernement Syriza d’être tout à fait désorganisé.

Il a poursuivi en assurant que le commissaire européen à l’immigration, Dimitris Avramopoulos, faisait de son mieux pour gérer cette situation critique et en appelant le gouvernement Syriza, qui vient d’être réélu, à prendre des mesures immédiates.

Giorgos Patoulis explique également avoir discuté de solutions possibles pour les îles grecques touchées par la crise des réfugiés lors d’une réunion avec le président du Comité des régions, Markku Markkula, et le ministre du travail luxembourgeois, Nicolas Schmit, à Bruxelles le 22 septembre.

Tsipras demande l’aide de l’Europe

Le 21 septembre, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a indiqué n’avoir reçu aucune aide de Bruxelles pour gérer la crise des réfugiés.

« La Grèce est un pays d’arrivée important et l’Europe n’a malheureusement pas pris de mesures pour la protection des pays durement touchés par une vague [de migration] qui a pris des proportions incontrôlées », a-t-il déclaré en reprenant son poste de Premier ministre, après avoir démissionné le mois dernier. « Il est nécessaire […] que l’Europe affronte ce problème européen et planétaire, et en partage la responsabilité entre ses États membres. »

Réactions

Greek Prime Minister Alexis Tsipras said on 21 September his country did not receive enough assistance from the European Union to tackle the refugee influx.

"Greece is a first reception country, and Europe has unfortunately not taken steps to protect reception countries from a (migration) wave which has taken on uncontrolled dimensions," he said as he assumed his duties from Vassiliki Thanou, the country's caretaker prime minister for the past month.

"There is a need ...that Europe deal with a global, a European problem and share the responsibility among all member states," Tsipras said.

Prochaines étapes

  • 23 septembre : Sommet extraordinaire du Conseil sur la crise de l'immigration.