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06/12/2016

Les pays donateurs promettent 9 milliards d’euros pour la Syrie

Justice & Affaires intérieures

Les pays donateurs promettent 9 milliards d’euros pour la Syrie

Donald Tusk et David Cameron à la conférence de Londres. [European Council]

Plus de neuf milliards d’euros ont été promis lors de la conférence de donateurs à Londres, le 4 février, pour aider les millions de Syriens épuisés par la guerre et tenter d’endiguer la crise des réfugiés qui menace de déstabiliser les pays d’accueil.

Les pays donateurs ont donc atteint leur objectif : faire mieux que lors de la précédente conférence, organisée en 2015 au Koweït, où seulement 3 milliards d’euros avaient été récoltés sur les 7,5 milliards réclamés. Sur les 9 milliards promis, 5 doivent être versés en 2016 et 4,6 d’ici 2020.

« La conférence d’aujourd’hui a vu la plus grosse somme jamais réunie en un jour en réponse à une crise humanitaire », s’est félicité le Premier ministre britannique David Cameron lors d’une conférence de presse.

« Ce qui a été accompli aujourd’hui n’est pas une solution à la crise. Nous avons toujours besoin de voir une transition politique », a dit le chef de l’exécutif britannique, alors que les pourparlers de paix lancés à Genève ont été suspendus mercredi. « Mais avec les engagements formulés aujourd’hui notre message adressé au peuple syrien et à la région est clair : nous nous tiendrons à vos côtés et nous vous soutiendrons aussi longtemps qu’il le faudra. »

Réunis au Queen Elizabeth II Conference Centre, en plein cœur de la capitale britannique, des dirigeants du monde entier avaient présenté tout au long de la journée leurs promesses de dons pour répondre au drame syrien, alors que, selon l’ONU, la situation humanitaire « a empiré au cours de l’année écoulée ».

Soucieux de montrer l’exemple, le gouvernement britannique, l’un des plus gros donateurs avec les États-Unis et l’Allemagne, a promis 1,6 milliard d’euros d’ici 2020.

Une lueur d’espoir

La chancelière allemande Angela Merkel a promis elle de débloquer 2,3 milliards d’euros d’ici 2018.

Ces dons sont « l’un des éléments qui contribueront à faire que les gens n’auront pas besoin de se lancer dans de périlleux voyages vers l’Europe », a déclaré la chancelière, dont l’attitude généreuse à l’égard des réfugiés a érodé la popularité. « C’est un jour d’espoir. »

« Quand on voit des personnes réduites à manger de l’herbe et des animaux sauvages pour survivre au jour le jour, cela ne peut que choquer toute personne civilisée. Et nous devons tous apporter une réponse à cela », a pour sa part déclaré le secrétaire d’État américain Kerry, annonçant 795 millions de dollars supplémentaires pour 2015-2016.

Pour le vice-Premier ministre jordanien, Nasser Judeh, le « résultat est historique en termes de dons, mais c’est aussi une conférence politique par excellence car elle investit dans la sécurité et la stabilité de nombreux pays ».

Depuis son début, en mars 2011, quand des manifestations pacifiques contre le régime de Bachar al-Assad ont dégénéré, le conflit syrien a fait plus de 260 000 morts et provoqué une crise humanitaire majeure avec, sur le territoire syrien, quelque 13,5 millions de personnes en situation de vulnérabilité ou déplacées.

>> Lire : 26 000 enfants non accompagnés sont arrivés en Suède depuis août

Cette guerre a également contraint 4,6 millions de Syriens à trouver refuge en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak ou en Égypte, tandis que des centaines de milliers ont rejoint l’Europe. Si la crise pèse sur les gouvernements des pays européens, elle menace directement la stabilité des pays voisins de la Syrie, à l’instar de la Jordanie, qui accueille 635 000 Syriens.

« Nous faisons de notre mieux […] mais je dois vous dire que nous atteignons nos limites », a déclaré le roi Abdallah de Jordanie.

>> Lire : La Commission peine à estimer le coût de la crise des réfugiés

1,1 million d’emplois

Les investissements annoncés jeudi doivent permettre de créer d’ici 2018 jusqu’à 1,1 million d’emplois pour les réfugiés syriens et les communautés autochtones qui les côtoient, selon la déclaration finale de la conférence.

Les pays donateurs se sont également donnés pour objectif de fournir une éducation de qualité à 1,7 million d’enfants.

Régissant aux annonces de la conférence, l’organisation Oxfam a estimé qu’il s’agissait « potentiellement d’un tournant ».

L’argent n’est pas tout, a toutefois souligné l’ONG. « Les gouvernements présents à Londres ne sauraient se reposer sur leurs lauriers quand les négociations à Genève vacillent et que la violence continue », souligne-t-elle.

Le Syrien Fadi Hallisso, co-fondateur de l’association Basmeh & Zeitooneh, qui œuvre à aider les réfugiés au Liban et en Turquie, a estimé « qu’avec ces promesses, nous espérons maintenant pouvoir créer davantage d’emplois pour les réfugiés et les communautés d’accueil ».

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