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23/01/2017

Les Verts allemands insistent sur la protection des frontières extérieures de l’UE

Justice & Affaires intérieures

Les Verts allemands insistent sur la protection des frontières extérieures de l’UE

Le Bundestag va bientôt voter sur des mesures relatives à l'asile, que les députés Verts soutiendront probablement.

[Montecruz FOTO/Flickr]

En Allemagne, les Verts affichent une approche parfois inattendue sur la crise des réfugiés. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

Rebecca Harms, co-présidente du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, s’est clairement exprimé en faveur de contrôles efficaces aux frontières extérieures de l’UE. Un système de quotas obligatoire pour répartir les réfugiés entre les États membres « suppose que les États de l’UE puissent contrôler l’immigration », a-t-elle déclaré au Tagesspiegel.

Par ailleurs, les fameux « hotspots » pour l’enregistrement des réfugiés aux frontières extérieures de l’UE doivent « faire partie d’une stratégie organisée de l’Union européenne », a estimé la responsable des Verts. Ces centres d’enregistrement ne doivent cependant pas devenir des voies sans issue pour les réfugiés.

Au contraire, quiconque cherche une protection devrait être au courant du processus de distribution à travers l’Europe.

Sven Giegold, eurodéputé écologiste, a également déclaré que protéger les frontières extérieures et supprimer les contrôles aux frontières dans l’espace Schengen étaient les deux faces d’une même pièce.

« Des frontières correctement organisées incluent le droit à un accès sécurisé à l’asile et à la protection », a-t-il ajouté.

>> Lire : La crise des réfugiés fissure les partis européens

Rebecca Harms n’est pas la seule à avoir ce point de vue inhabituel sur la crise des réfugiés. Sa collègue de parti, Katrin Göring-Eckardt, membre du Bundestag allemand, a récemment mis en garde contre l’intégration « nonchalante » de réfugiés.

« Notre pays va changer », a-t-elle affirmé, expliquant que ce changement serait synonyme d’épreuves, de conflits et d’autres crises.

À l’échelle européenne, les ministres de l’Intérieur ont décidé, à la majorité, de répartir 120 000 réfugiés entre les États membres.

Les dirigeants européens ont ensuite décidé que davantage de « hotspots » seraient mis en place en Italie et en Grèce avant la fin novembre. 

Les réfugiés seront enregistrés dans ces centres grâce à l’aide des autorités européennes. Leur demande d’asile y sera également examinée.

Reste à savoir comment les personnes dont les demandes sont rejetées seront renvoyées vers leur pays d’origine.

>> Lire : Pour plaire à l’Est, l’accueil des réfugiés sera à géométrie variable

Il y a un an, le monde politique allemand avait déjà été choqué par l’approche des Verts vis-à-vis de la politique des réfugiés. En effet, en automne dernier, la décision de Winfried Kretschmann (Verts), le ministre-président de Bade-Wurtemberg, d’étendre la liste des « pays sûrs » avait été raillée par la plupart des membres de son propre parti.

Mi-octobre, le Bundestag et le Bundesrat voteront sur un paquet relatif à l’asile, incluant l’extension de la liste des pays sûrs.

Cette fois-ci, la plupart des régions contrôlées par les Verts devraient accepter les mesures en échange de concessions dans d’autres domaines.