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03/12/2016

L’UE a essuyé plus d’une centaine de cyberattaques en un an

Justice & Affaires intérieures

L’UE a essuyé plus d’une centaine de cyberattaques en un an

La révision de la directive armes à feu fait partie du projet d'Union de la sécurité

[Jayel Aheram/Flickr]

La cybersécurité et la lutte contre le terrorisme sont au cœur du projet d’Union de la sécurité dont le nouveau commissaire britannique à la sécurité, Julian King, a la charge.

L’UE peut-elle renforcer sa propre sécurité notamment contre le terrorisme ? L’exécutif européen veut y croire. « C’est vrai que l’arsenal européen est complexe, l’objectif de mon mandat est de lui rendre son efficacité », assure le commissaire Julian King de passage à Paris. Son portefeuille, nouvellement crée, porte sur la mise en place d’une Union de la sécurité.

Pour ce faire, le commissaire d’outre-Manche va proposer de nouveaux textes de loi, au risque d’alourdir la charge administrative de l’UE tant décriée par les tabloïds britanniques. À commencer par la directive sur l’anti-terrorisme, qui doit être amendée rapidement pour généraliser la pénalisation des allers/retours en Irak ou en Syrie des Européens. Pour l’instant, la France, l’Allemagne et  Royaume-Uni associent ces voyages à un délit, mais beaucoup d’autres pays ne le font pas, comme la Belgique.

Le commissaire travaille aussi à la révision du règlement Schengen pour la gestion des frontières : les procédures de contrôle d’identité pourraient être renforcées d’ici la fin de l’année, afin que tous les États membres mobilisent les outils déjà disponibles, pour contrôler les allers et venues des uns et des autres.

Le dispositif devrait être complété par la mise en place d’un système d’enregistrement inspiré de l’ESTA américain, l’ETIAS, mais plus tard : les ressortissants de pays tiers n’ayant pas besoin de visa devront payer 5 euros pour entrer dans Schengen, mais seulement à partir de 2020.

La directive armes à feu traine

Autre enjeu important, les armes à feu. La Commission tente de modifier la directive sur les armes à feu, et notamment à interdire la possession d’armes considérées comme des armes de guerre comme les kalachnikovs et toute autre arme semi-automatiques, ainsi qu’à adapter le texte sur la question de la neutralisation des armes à feu.

Les armes ayant servi aux attentats de Paris étaient, pour certaines, des armes « désactivées », qui ont pu par la suite être remises en marche : la finalisation de cette directive qui marine depuis 2008 dans les méandres des institutions européennes semble particulièrement urgente. Au Parlement européen, l’opposition est toutefois assez forte. « Certains pays notamment à l’Est et au Nord de l’Europe ont des habitudes bien particulières, notamment sur la gestion des réservistes », reconnait le commissaire.

Plus de 100 cyberattaques sur les institutions européennes

Le commissaire veut aussi s’attaquer au volet cybersécurité de son mandat. « En un an, on a répertorié une centaine de cyberattaques sur les serveurs des institutions européennes ! » déclare-t-il, tout en soulignant que le service de sécurité de la Commission a contribué à les déjouer. Le besoin de renforcer la lutte en matière de sécurité informatique est patent. Un sujet qui reste géré de façon assez éclatée au niveau européen, pour un bilan insuffisant.

Contenus appelant à la radicalisation

En un an, 12.000  contenus appelant à la radicalisation ont été supprimés du web ; mais il en reste des centaines de milliers. Un conseil des ministres européens de la Défense, début décembre, devrait se pencher sur le sujet et évoquer le rôle des GAFA dans le repérage des contenus liés au terrorisme ou l’appel à la violence

Au-delà de l’aspect législatif, le commissaire s’occupe aussi de la mise en œuvre des textes existants. Et la tâche est lourde : ne serait-ce que sur le PNR, qui doit être mis en place en 2018, de nombreux pays sont à la traine.

Le débat sur le PNR tourne au bal des hypocrites

Les États membres refusent de partager effectivement les données des passagers aériens, de peur qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains. La France pousse hypocritement le Parlement européen à adopter une proposition qu’elle a contribué à vider de son sens.

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Seuls la France, la Hongrie et le Royaume-Uni sont prêts, et 11 pays sur les 28 États membres n’ont pas commencé à mettre en place un système de gestion informatique des entrées et sorties du territoire qui puisse être exploité. La Commission européenne songe à donner un coup de pouce financier aux pays les plus en retard, pour répondre aux protestations des Etats les plus réticents.

Interrogé sur les difficultés éventuelles posées par le fait qu’il s’attaque à des sujets régaliens en tant que Britannique, à l’heure du Brexit, Julian King assure que la coopération avec les pays membres et notamment les Français se passe au contraire très bien. « Au contraire, j’ai plus de raison de devoir agir efficacement puisque mon mandat ne durera que 2,5 ans !» assure le commissaire.

 

Prague refuse de renforcer le contrôle des armes à feu

La République tchèque ne soutient pas la proposition de renforcement du contrôle des armes à feu présentée par la Commission européenne en novembre dernier. Un article d’EurActiv République tchèque.

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