EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

27/09/2016

Le Luxembourg appelle à exclure la Hongrie de l’UE

Justice & Affaires intérieures

Le Luxembourg appelle à exclure la Hongrie de l’UE

Jean Asselborn

Le ministre aux Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, voudrait exclure la Hongrie de Viktor Orbán, qui ne respecte pas les valeurs européennes, de l’UE.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a appelé à exclure au moins temporairement la Hongrie de Viktor Orbán de l’Union européenne pour violation de ses valeurs démocratiques fondamentales, dans une interview publiée mardi en Allemagne.

>> Lire : La Commission durcit le ton face à Viktor Orbán

« Des gens tels que Viktor Orbán ont conduit à ce que l’UE donne l’image d’une Union qui ose à l’extérieur défendre des valeurs qu’elle n’est plus capable de maintenir à l’intérieur » du bloc, a déploré Jean Asselborn dans le quotidien Die Welt, à quelques jours d’un sommet des dirigeants européens à Brastilava sur l’avenir du projet européen.

« Ceux qui, comme la Hongrie, bâtissent des clôtures contre des réfugiés de guerre, qui violent la liberté de la presse ou l’indépendance de la justice, devraient être temporairement, voire même définitivement, exclus de l’UE », a-t-il ajouté.

« C’est la seul manière de préserver la cohésion et les valeurs de l’Union européenne », a estimé le ministre luxembourgeois, en jugeant que l’UE ne « peut tolérer un tel comportement » comme celui du gouvernement du Premier ministre hongrois.

>> Lire : Les pays de Visegrad s’opposent à la réforme de la politique d’asile

Cette possibilité d’exclusion pour violations des valeurs fondamentales du bloc est prévue dans les traités européens mais requiert l’unanimité des Etats membres, ce qui rend son application très difficile. « C’est le problème, et Viktor Orbán le sait bien […] cela aiderait si l’on pouvait changer les règles afin que l’exclusion d’un pays de l’UE ne requiert plus l’unanimité », a dit Jean Asselborn.

Viktor Orbán, qui tient un discours antimigrants virulent, organise en octobre un référendum sur le plan européen de répartition des réfugiés.

Cette consultation marquera une nouvelle étape dans les rapports tendus du gouvernement Orbán avec les institutions européennes qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2010, lui ont régulièrement reproché de porter atteinte à l’état de droit et à l’équilibre des pouvoirs dans son pays.

>> Lire aussi : Viktor Orban alimente la polémique sur la peine de mort

Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand aux Affaires étrangères, a réagi rapidement, assurant qu’il ne partageait pas le point de vue de son homologue luxembourgeois.

« Sa position ne fait pas l’objet d’un consensus », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse depuis Riga. « Je comprends que certains Européens deviennent un peu impatients face à la Hongrie, mais montrer la porte à un État membre n’est pas conforme à mon approche. »