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24/01/2017

Malgré la crise, Tsipras promet un effort de la Grèce en faveur des réfugiés

Justice & Affaires intérieures

Malgré la crise, Tsipras promet un effort de la Grèce en faveur des réfugiés

Des réfugiés syriens secourus à Kos. Août 2015.

[Freedom House/Flickr]

Contrairement à la Hongrie et à d’autres États membres, la Grèce participera aux efforts européens de résolution de la crise des réfugiés, a assuré le Premier ministre, Alexis Tsipras. Un article d’EurActiv Grèce.

Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, s’est rendu à Athènes le 29 octobre pour discuter de la question des réfugiés avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Cette visite s’est déroulée juste après une nouvelle tragédie dans les eaux grecques. La veille, cinq incidents différents auraient en effet couté la vie à onze réfugiés.

Athènes s’est engagée à accueillir 30 000 réfugiés supplémentaires d’ici la fin de l’année, et les Nations unies devraient fournir de quoi s’occuper de 20 000 autres.

>> Lire : La Grèce en première ligne face à un nombre record de migrants

Le Premier ministre aurait comparé cette attitude positive à celle de la Hongrie, qui ne compte accueillir personne et a érigé un mur à sa frontière pour empêcher les réfugiés de pénétrer sur le territoire. Alexis Tsipras a estimé que l’aide aux réfugiés relevait d’un « devoir humanitaire ».

Le Premier ministre trouve que Frontex, l’agence européenne de gestion des frontières devrait être renforcée. L’idée avancée à l’UE de former des patrouilles gréco-turques pour surveiller la mer Égée a suscité de vives réactions en Grèce.

L’objectif principal de la Grèce est de trouver une solution à la crise des réfugiés en Turquie, « la vraie porte d’entrée vers l’Europe », a déclaré le ministre grec à l’Immigration, Ioannis Mouzalas.

« C’est en Turquie qu’est la source du problème », renchérit Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères. « Ceux qui tentent de rendre Athènes responsable de cette crise font une lourde erreur », a-t-il expliqué à Frank-Walter Steinmeier.

Le ministre allemand n’avait fait aucune référence aux patrouilles jointes, mais s’était demandé pourquoi l’Union européenne discutait toujours des concessions supplémentaires à faire pour s’assurer l’aide d’Ankara. Il a souligné que l’Europe devait être réaliste quant au rôle stratégique de la Turquie.

Il a également souligné l’importance de la confiance mutuelle, en référence à la fois à la crise économique et à la crise des réfugiés.

 

La Hongrie veut refouler les immigrants vers la Grèce

Plus loin sur la route des Balkans, le gouvernement hongrois de Viktor Orbán ne compte pas se plier au projet européen de réinstaller des migrants en fonction de quotas nationaux, comme l’a répété le chef de cabinet le 29 octobre.

« La Hongrie ne veut accepter aucun [migrant] qui ont été expulsés. Nous estimons qu’ils devraient être renvoyés vers la Grèce », a ainsi déclaré Jamos Lazar lors d’une conférence de presse.

>> Lire : Berlin renonce à renvoyer les réfugiés syriens vers la Grèce et l’Italie

Accueil temporaire en Grèce

La Commission s’est également exprimée sur les 50 000 immigrants supplémentaires qui seront accueillis en Grèce. « Ces places d’accueil ne sont pas des résidences permanentes », a souligné la porte-parole Natasha Bertaud. Les immigrants dont la demande d’asile est refusée y resteront jusqu’à leur retour dans leur pays d’origine. « Certains [réfugiés] seront également réinstallés dans d’autres pays européens », ajoute-t-elle.

Contexte

Au grand dam de la Hongrie et d'autres anciennes républiques soviétiques, qui se sont opposées au plan, l'Union européenne a décidé de répartir 120 000 réfugiés parmi ses États membres. Cela ne représente qu'une petite portion des 700 000 réfugiés qui, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), devraient atteindre les frontières de l'Europe cette année, en provenance d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient.

L'UE courtise également la Turquie avec des promesses d'argent, d'exemption de visa et de nouveaux chapitres dans les négociations d'adhésion pour qu'Ankara essaye de juguler l'afflux de réfugiés sur son territoire.

La Grèce, en première ligne de la vague de réfugiés qui s'est abattue sur l'Europe cette année, a été vivement critiquée pour ne pas appliquer la loi européenne sur l'enregistrement des nouveaux arrivants. L'UE entend à présent convaincre les réfugiés d'attendre en Grèce qu'on leur offre des billets d'avion vers des pays européens où ils pourront obtenir le droit d'asile, plutôt que de se lancer dans la périlleuse traversée des Balkans en hiver.

Le 25 octobre, lors d'un mini-sommet bruxellois rassemblant les pays qui se trouvent sur la route des Balkans, Athènes s'en engagée à accueillir 50 000 réfugiés supplémentaires d'ici la fin de l'année. Le même nombre de place d'accueil devraient être rendu disponible dans les autres pays de la route des Balkans. L'UE a promis de donner des fonds d'aide d'urgence à la Grèce et à d'autres pays concernés.

>> Lire : Bisbilles avec les Balkans lors du sommet sur l'immigration

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