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23/01/2017

Merkel débloque des aides supplémentaires pour les réfugiés

Justice & Affaires intérieures

Merkel débloque des aides supplémentaires pour les réfugiés

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[GlynLowe/Flickr]

Angela Merkel a annoncé le déblocage d’aides supplémentaires pour les demandeurs d’asile. Le pays devrait accueillir quelque 800 000 personnes cette année,  presque quatre fois plus qu’en 2014. Un article d’EurActiv Allemagne.

Le 26 août, le cabinet d’Angela Merkel a débloqué des aides financières supplémentaires à l’attention des villes et municipalités qui ont des difficultés à faire face au nombre croissant de réfugiés arrivant dans le pays.

Les ministres ont également donné le feu vert à un projet de loi en vertu duquel les municipalités recevraient un milliard d’euros d’aide issue des fonds fédéraux pour l’accueil et le logement des réfugiés cette année. À l’origine, le projet ne prévoyait que 500 millions d’euros, mais la somme équivalente prévue pour l’année 2016 sera finalement distribuée cette année.

>> Lire : Berlin renonce à renvoyer les réfugiés syriens vers la Grèce et l’Italie

Les municipalités devraient en outre recevoir d’autres aides supplémentaires dans un avenir proche. Sigmar Gabriel a déjà évoqué une aide fédérale d’environ 3 milliards d’euros à cet effet.

Ces décisions découlent d’une augmentation considérable du nombre de demandeurs d’asile originaires de pays comme la Syrie et l’Afghanistan, mais également d’États des Balkans occidentaux.

L’Europe tout entière est confrontée à la même crise de l’immigration, notamment liée aux conflits syrien et irakien. L’Allemagne, dont la politique d’asile est plutôt accueillante, devrait recevoir la plus grande partie des demandeurs d’asile et accueillir quelque 800 000 personnes cette année, ce qui équivaut à presque 1 % de la population totale, et presque quatre fois le nombre d’immigrants accueillis en 2014.

Le 25 août, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a toutefois indiqué que le coût de l’augmentation du nombre de réfugiés ne posera pas de gros problèmes.

Le président salue l’« Allemagne éclairée »

Le président allemand, Joachim Gauck, s’est pour sa part rendu dans des logements de réfugiés à Berlin, et a salué les centaines de milliers de citoyens allemands qui ont apporté leur aide aux migrants, en nette opposition aux agressions xénophobes dont ont été victimes les centres d’accueil.

« Il existe une Allemagne éclairée », a-t-il déclaré, malheureusement accompagnée d’une « Allemagne sombre ». Il a souligné que de nombreux bénévoles avaient interrompu leurs vacances pour soutenir les réfugiés.

« Il me semble important que l’Allemagne se montre digne de ces centaines de milliers de citoyens vertueux. C’est une réaction claire aux incendiaires et aux provocateurs qui salissent l’image de notre pays », a indiqué le président, qui assure que la police et l’État de droit sauront garder le dessus sur ces agitateurs. « Nous devons leur dire qu’ils ne nous représentent pas. »

Joachim Gauck a également insisté sur l’importance de répondre sérieusement aux inquiétudes des Allemands face à cette augmentation de l’immigration. C’est aux personnalités politiques, estime-t-il, de rassurer la population à ce sujet.

Le président a enfin souligné la nécessité de mettre en place une collaboration étroite entre l’administration fédérale et les différents États. Dans les circonstances exceptionnelles, il faut réagir plus vite.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’Allemagne était en bien plus piteux état et est néanmoins parvenue à accueillir une multitude de réfugiés, a-t-il rappelé à ses concitoyens.

Aujourd’hui plus que jamais, Joachim Gauck est certain que son pays peut relever le défi : « cette Allemagne solide, tant au niveau politique qu’économique, pourra faire face à ces défis », a-t-il conclut.

>> Lire : La Commission veut répartir 40 000 migrants vers le Nord de l’UE

Contexte

Les dirigeants européens se sont accordés sur les grandes lignes d’un plan sur deux ans qui permettrait à l’UE de mieux gérer le nombre jamais vu d’immigrants fuyant le Moyen-Orient et l’Afrique.

La concrétisation d’un système de réinstallation ou de relocalisation de quelque 60 000 réfugiés est cependant très problématique à l’heure où les partis anti-immigration jouissent d’une montée en popularité en Europe. De nombreux États, dont la France et l’Allemagne, ne s’opposent pas à l’idée de partager le fardeau de l’immigration, mais ne sont pas satisfaits du système de quota proposé par la Commission.

>> Lire : Les États membres rejettent les quotas de migrants

Au mois de juin, lors d’un sommet sur la question, les dirigeants européens, peu enclins à accueillir plus de migrants, se sont accrochés à ce sujet jusque tard dans la nuit. Ces désaccords reflètent bien les profondes rivalités nationales que l’Union devrait pouvoir transcender. Le Conseil devrait toutefois parvenir à un système de quotas bien défini d’ici la fin du mois de décembre

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