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17/01/2017

Schengen est en danger, selon le Luxembourg

Justice & Affaires intérieures

Schengen est en danger, selon le Luxembourg

Jean Asselborn (G) avec Donald Tusk.

[European Commission]

Jean Asselborn, le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, estime que les Européens n’ont plus que « quelques mois » pour sauver le système Schengen. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

Jean Asselborn, le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, met en garde les États membre sur le danger que représente leur rejet du système Schengen, dans le contexte de crise des réfugiés. « Nous n’avons plus que quelques mois pour éviter que des contrôles ne soient réintroduits aux frontières internes de l’Europe», a-t-il déclaré au Tagesspiegel am Sonntag.

La réintroduction de contrôles aux frontières marquerait la fin de la libre-circulation et constituerait « une régression importante, à la fois pour l’économie et pour les citoyens », indique-t-il, en référence aux Européens qui font la navette entre deux pays pour aller travailler tous les jours, comme c’est souvent le cas au Luxembourg.

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Depuis la mi-septembre, l’Allemagne a fait jouer des exceptions prévues par l’accord de Schengen pour réintroduire des contrôles temporaires aux frontières. Récemment, le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière (CDU), a annoncé à la Commission européenne que ces contrôles seraient étendus jusqu’au 13 novembre. Si la situation ne s’améliore pas, ils pourraient être prolongés jusqu’à la mi-février. En France, les contrôles aux frontières seront rétablis durant 30 jours à partir de cette semaine, dans l’attente de la COP21 qui se tient du 30 novembre au 11 décembre.

Pas d’amélioration à l’horizon

Jean Asselborn, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a prévenu les États membres qu’ils devraient se préparer à accueillir un nombre croissant de réfugiés dans l’année à venir. « Je ne sais pas si le pire est derrière nous, puisque le conflit syrien reste irrésolu », a-t-il souligné.

Avant le deuxième cycle de négociations internationales sur la crise syrienne, qui se déroulera à Vienne le 12 novembre, le ministre des Affaires étrangères a indiqué qu’il « ne fallait pas s’attendre à un miracle ».

Négociations d’adhésion de la Turquie

Le ministre est également en faveur d’une aide financière à la Turquie, en échange de quoi Ankara s’engagerait à améliorer les conditions de vie des réfugiés sur son territoire. Les 3 millions d’euros réclamés par la Turquie seraient « relativement faciles à rassembler », estime-t-il. « Et surtout, nous devrions avoir le courage d’ouvrir les chapitres 23 et 24 des négociations d’adhésion à l’UE. » Ces chapitres portent sur les droits de l’Homme et la justice.

Le ministre luxembourgeois a ajouté que les frontières externes de l’UE devaient être protégées. « La frontière gréco-turque ne peut être traitée comme une frontière interne », a-t-il assuré.

Les élections turques ont eu lieu le 1er novembre, et Jean Asselborn estime qu’il est temps qu’Ahmet Davuto?lu, le Premier ministre turc, rencontre son homologue grec, Alexis Tsipras, afin que les deux pays parviennent à un accord sur la gestion des frontières. Les médias grecs ont indiqué qu’Alexis Tsipras entendait rencontrer Ahmet Davuto?lu et Recep Tayyip Erdo?an, le président, le 17 novembre à Ankara.

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