Tusk dénonce son interrogatoire marathon à Varsovie

Donald Tusk a annoncé qu'il n'hésiterait pas à faire usage de l'immunité que lui confère son poste. [Drop of Light/Shutterstock]

Le président du Conseil européen a dénoncé le « caractère éminemment politique » de sa convocation par le parquet de Varsovie. Donald Tusk a été entendu huit heures durant comme témoin dans une enquête visant deux anciens chefs du contre-espionnage militaire.

« Toute cette affaire a un caractère éminemment politique », a déclaré à la presse Donald Tusk en quittant le siège du parquet.

Son interrogatoire s’est fait à huis clos. Tout en refusant de dévoiler les détails de sa déposition, l’ancien Premier ministre polonais a souligné avoir comparu « surtout par respect pour l’État polonais ».

Le président du Conseil européen a également indiqué avoir informé le procureur qu’en vertu de la loi européenne, il bénéficiait d’une immunité complète et averti qu’il utiliserait cette immunité s’il considérait que l’enquête est utilisée pour « l’empêcher ou lui interdire » d’exercer ses fonctions.

« J’espère qu’on n’en arrivera pas là, mais si cela se produit, je n’hésiterai pas » à utiliser l’immunité, a souligné l’ancien Premier ministre libéral.

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Donald Tusk, rival de toujours du président du parti nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, avait déjà été convoqué dans cette affaire à la mi-mars, mais n’a pu se rendre à Varsovie en raison d’obligations au Parlement européen. La convocation est arrivée quelques jours après sa réélection au poste du président du conseil européen, obtenue par 27 voix pour et une contre, celle du gouvernement conservateur de son pays.

Dans la matinée, plusieurs centaines de ses partisans, dont l’ancienne Première ministre Ewa Kopacz, et adversaires lui ont offert un accueil mouvementé lors de son arrivée par le train à la gare centrale de Varsovie. « Nous sommes avec toi, Donald », ont chanté ses amis, qui scandaient aussi « 27 à 1, Tusk a battu Kaczynski » (Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS), faisant allusion à la réélection de Tusk à la présidence du Conseil européen.

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L’enquête qui a justifié sa convocation vise deux ex-patrons du contre-espionnage militaire, les généraux Janusz Nosek et Piotr Pytel. Les deux hommes se voient reprocher d’avoir « outrepassé leurs compétences en engageant une collaboration avec un service d’un État étranger sans avoir l’accord du président du Conseil des ministres comme l’exige la loi » sur les services de renseignement. Donald Tusk était à l’époque Premier ministre.

Selon des médias conservateurs, il s’agit d’un accord conclu avec le FSB russe, héritier du KGB, et allant à l’encontre des intérêts de la Pologne. Des médias proches de l’opposition offrent pourtant une autre explication: l’accord devait assurer le retour dans de bonnes conditions des forces polonaises d’Afghanistan, qui devaient traverser la Russie.

Cet accord a été signé peu après l’accident aérien en Russie ayant coûté la vie au président Lech Kaczynski, frère jumeau de Jaroslaw, et à 95 autres personnes. Jaroslaw Kaczynski a déclaré à de nombreuses reprises que Donald Tusk, chef du gouvernement au moment de la catastrophe, portait « la responsabilité morale » de cette catastrophe.