Verhofstadt reproche à Tusk de ne pas faire son boulot

Guy Verhofstadt [ALDE Communication/Flickr]

Guy Verhofstadt, chef de file de l’ADLE, a vertement critiqué le refus du président du Conseil européen de venir s’expliquer devant le Parlement européen au sujet de la crise de l’immigration.

Lors de la session d’ouverture de la séance plénière à Strasbourg le 7 septembre, Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et actuel chef de file de l’ALDE au Parlement européen, a proposé de demander à Donald Tusk de se présenter devant le Parlement dans la semaine. Cette proposition, qui a été applaudie par les eurodéputés, a été rejetée par Donald Tusk.

« C’est incompréhensible. [Donald] Tusk ne semble pas comprendre qu’il a un rôle clé à jouer dans la résolution de cette crise. Il devrait au moins venir au Parlement européen pour expliquer pourquoi les États membres de l’UE ne sont pas parvenus à une position commune. Il s’agit de l’une des plus grandes tragédies humaines depuis la fondation de l’UE. Pourquoi refuse-t-il d’organiser un sommet extraordinaire sur cette catastrophe humaine ? Il est inacceptable qu’il refuse de faire son boulot », a reproché Guy Verhofstadt.

Le libéral a également comparé la crise de l’immigration à la crise de la zone euro, durant laquelle une série de sommets se sont tenus à Bruxelles pour tenter de trouver des solutions.

« Les États membres de l’UE se sont rencontrés plus de 80 fois pour trouver un accord sur la Grèce, mais aujourd’hui nous ne pouvons même pas essayer de trouver une solution pour sauver des vies. L’argent semble plus important que les vies humaines », a-t-il martelé.

Une réponse indirecte

Lors de son discours au dîner annuel de Bruegel, un groupe de réflexion économique bruxellois, Donald Tusk a abordé la question de l’immigration et invité les dirigeants européens à « redoubler d’efforts en terme de solidarité avec les États confrontés à cette vague migratoire sans précédent ».

Les institutions européennes doivent fournir un « effort énorme », incluant une augmentation considérable des dépenses.

« La vague de migration actuelle n’est pas un phénomène temporaire, mais le début d’un véritable exode, ce qui signifie que nous devrons faire face à ce problème pendant des années. Il est donc important d’apprendre à vivre sans rejeter la faute les uns sur les autres », a-t-il ajouté.

Il est de notoriété publique que le président du Conseil, qui est polonais, partage les vues des pays d’Europe centrale, qui rechignent à accueillir les immigrants et rejettent le système de quotas obligatoires pour la relocalisation des réfugiés proposé par la Commission.

« Nous devons penser à notre Europe avec plus de tendresse et de patience. Nous avons besoin de la protéger, non seulement des menaces extérieures, mais des tentations internes de changements révolutionnaires », a déclaré Donald Tusk.

Un changement des traités ? Aucune chance

Le président du Conseil a également abordé la question de l’amélioration de l’Union économique et monétaire et insisté pour que celle-ci se fasse sans changement des traités.

« Je suis bien conscient que certaines personnalités politiques, notamment en Allemagne, ont une opinion différente, mais ils exagèrent […] J’invite ceux que mes arguments ne convainquent pas à faire un tour d’Europe, à évaluer eux-mêmes les chances d’une ratification harmonieuse des changements des traités. À mon avis, il n’y a aucune chance », a-t-il conclu.

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