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11/12/2016

Vienne se crispe à propos des routes de réfugiés

Justice & Affaires intérieures

Vienne se crispe à propos des routes de réfugiés

Johanna Mikl-Leitner

[VolksparteiNO/Flickr]

Les Autrichiens sont sceptiques quant à l’accord avec la Turquie. Vienne continue d’étudier les alternatives à la route des Balkans, fermée depuis peu. Un article d’EurActiv Allemagne.

Le gouvernement autrichien a accueilli l’accord UE-Turquie avec scepticisme. Si la nécessité d’un accord avec Ankara est reconnue par le gouvernement de Werner Faymann, notamment pour stabiliser la situation dans les Balkans, Vienne a des doutes sur la manière dont cet accord sera appliqué.

Vienne s’inquiète également des aspects humanitaires de l’accord. Lors d’une interview, Johanna Mikl-Leitner, ministre de l’Intérieur, a appelé l’UE à surveiller de près le processus de renvoi des réfugiés vers la Turquie, afin de vérifier que les droits de l’Homme sont respectés par les autorités turques. En ce qui concerne la libéralisation des visas, elle exige également une clause de rupture qui puisse être activée si Ankara ne respecte pas les termes de l’accord.

Malgré la conclusion de l’accord la semaine dernière et la fermeture de la route des Balkans, les spécialistes de l’immigration et de la sécurité estiment que les migrants chercheront une autre route vers le nord de l’Europe.

Depuis la fermeture de l’itinéraire habituel des réfugiés, on observe une recrudescence du trafic dans l’est des Balkans. Des passeurs ont d’ailleurs été arrêtés. Selon  Johanna Mikl-Leitner, 1,1 million de réfugiés pourraient changer de trajectoire pour passer par la Bulgarie. Des discussions pour la fermeture de cette route alternative ont déjà été entamées.

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L’Europe forteresse

La ministre de l’Intérieur a également indiqué que la proportion de réfugiés fuyant la guerre civile syrienne a diminué, au profit des migrants africains ou asiatiques qui recherche une meilleure situation économique. Il est donc nécessaire, regrette-t-elle, de mettre en place une « Europe forteresse ».

L’Autriche reçoit près de 100 demandes d’asile tous les jours. À cause de la fermeture de la route des Balkans, ces demandes ne sont plus enregistrées et rejetées à la frontière, mais au sein du pays. Si cette tendance continue, le plafond prévu de 37 500 demandes d’asile pourrait être atteint dès cet automne.

Lors d’autres interventions télévisées, Johanna Mikl-Leitner a même envisagé de mettre en place une limite journalière d’accueil des réfugiés.

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Environ 60 000 demandes sont examinées par les autorités et pourraient mettre sept mois à être finalisées. En moyenne, une demande sur deux est acceptée par les autorités autrichiennes.

Le rapatriement des personnes dont la demande a été rejetée s’est avéré difficile, à cause de l’absence d’accord bilatéral entre Vienne et les principaux pays d’origine.

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