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03/12/2016

L’UE peine à établir une stratégie commune face à Moscou

L'Europe dans le monde

L’UE peine à établir une stratégie commune face à Moscou

Federica Mogherini

Le langage à adopter vis-à-vis de la Russie est l’élément le plus discuté de la stratégie globale de l’UE, en cours de préparation par Federica Mogherini.

C’est un sujet brûlant, qui doit être abordé lundi 23 mai lors du conseil Affaires étrangères du à l’heure du déjeuner. Federica Mogherini, Haute Représentante de l’UE, doit exposer sa position devant les ministres des Affaires étrangères. Des diplomates ont expliqué avoir vu le document, mais ne pas en avoir obtenu de copie, pour des raisons de confidentialité.

Plus de dix ans après la stratégie européenne de sécurité de 2003, préparée par Javier Solana, les dirigeants européens ont en effet demandé à Federica Mogherini de préparer une stratégie globale sur la politique étrangère et de sécurité, afin de guider les actions de l’union à l’avenir. La stratégie globale sera ensuite présentée aux dirigeants européens lors du sommet des 28 et 29 juin, quelques jours après le référendum britannique sur l’UE, le 23 juin.

Selon les informations obtenues par EurActiv, les États membres, les parlements et les groupes de réflexions ont été largement consultés dans l’élaboration de la stratégie. Le document que présentera la Haute Représentante n’est cependant pas un texte de négociation, mais une proposition rédigée par la commissaire et son équipe.

Les États membres ont déjà pu voir le texte évoluer lors d’une série de lectures confidentielles ces trois dernières années.

« Comme à l’école »

« Comme à l’école, nous avons pu emporter avec nous certains éléments », explique un diplomate.

Les États membres ont pu communiquer leurs commentaires et observations à Federica Mogherini, qui n’est toutefois pas tenue de les prendre en compte. Le diplomate estime très improbable que les ministres voient une version finale du document avant le référendum du 23 juin.

Le Conseil devra à présent entendre la proposition et revenir sur la question ultérieurement. La manière dont la suite de la prise de décision se déroulera n’est pas encore claire. Certains diplomates se sont déjà exprimés en faveur d’une adoption traditionnelle, via le Conseil, ainsi que les ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

Comme on pouvait s’y attendre, le document inclut des chapitres sur l’importance du développement des droits de l’Homme, sur l’ONU, sur certaines questions prioritaires au Moyen-Orient, sur le rôle de l’UE dans la promotion de l’État de droit et du désarmement, etc.

« Dans les sujets les plus sensibles pour les États membres, on retrouve le langage à adopter à propos de la Russie », a dévoilé un diplomate. Pour son pays, une petite nation occidentale, le texte ne pose pas de problème, mais d’autres ont estimé que les résolutions sur la Russie étaient trop faibles, alors qu’un troisième camp les trouve trop strictes.

« Nous avons tous intérêt [à ce qu’il y ait un texte sur la Russie], mais, pour certains, c’est un sujet particulièrement sensible », souligne le diplomate, ajoutant, pour son pays, le document était bien équilibré : clair sur les principes, tout en reconnaissant que les relations avec la Russie sont importantes dans certains secteurs.

Le but de la stratégie globale est de mieux équiper l’union en termes de mécanisme de suivi, particulièrement en ce qui concerne la sécurité et la défense.« Cela empêchera les marches arrières sur les domaines pour lesquels il y a eu un accord », précise-t-il.

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