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04/12/2016

Anne Hidalgo annonce la création d’un camp de réfugiés à Paris

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Anne Hidalgo annonce la création d’un camp de réfugiés à Paris

En ouvrant le centre humanitaire pour migrants, Anne Hidalgo veut mettre fin à ces campements de fortune installés sous les métros de Paris.

@JeanneMenjoulet/flickr

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé mardi son intention d’ouvrir dans les semaines à venir un campement de migrants sur le modèle de celui de Grande-Synthe, près de Dunkerque, pour faire face selon elle à une urgence sanitaire.

La Ville est en train « d’expertiser différents sites pour voir dans quels délais, le plus tôt possible, nous pourrons envisager de les mettre à disposition » de l’État, a déclaré la maire de Paris lors d’une conférence de presse.

Ce camp, qui « s’inspirera de ce qui a été fait à Grande-Synthe », dans le Nord, respectera les « conditions réglementaires » et « celles des camps de réfugiés et de migrants édictées par l’ONU et le HCR » [Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés], a-t-elle assuré. La maire de Paris a récemment envoyé une délégation à Grande-Synthe, où la municipalité et l’ONG Médecins sans frontières (MSF) ont ouvert en début d’année un camp, pour étudier les moyens de transposer ce dispositif à Paris.

Anne Hidalgo espère ainsi mettre en place des hébergements modulables, « qui puissent être installés rapidement », mais avec « tout le confort nécessaire ».

Lieu à définir

Si le lieu n’est pas encore arrêté, Mme Hidalgo a expliqué que « plusieurs sites au nord de Paris » avaient été « identifiés », « qui nous appartiennent, sur lesquels nous pourrons installer un campement, un hébergement humanitaire […] avec l’aide des associations et je l’espère de l’État ». L’ouverture ne se fera pas avant un mois à un mois et demi. La maire n’a pas précisé les dimensions requises pour ce terrain, mais il devra être « suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes ».

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« C’est quelque chose de coûteux […] Je ne doute pas que l’État nous accompagnera, mais je ne suis plus en situation d’attendre que d’autres agissent. Nous prenons les devants et nous entraînerons, je l’espère, l’État », a martelé Mme Hidalgo, accompagnée pour cette conférence de presse des associations partenaires du projet : Emmaüs, France Terre d’asile et Aurore.

Une Europe pas à la hauteur

« Aujourd’hui, l’Europe n’est pas à la hauteur de son histoire et à la hauteur des enjeux. Notre pays non plus, car il n’offre pas de places suffisantes ni de dispositif suffisamment fluide pour pouvoir accueillir et traiter toutes ces situations », a-t-elle insisté.

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L’idée est que « nous ne voyons plus ces campements indignes » et que « les personnes qui arrivent démunies ne soient pas contraintes d’aller sous des métros ou sur des sites comme celui que nous connaissons à Éole », où un campement de migrants s’est récemment reconstitué dans le nord de Paris, a-t-elle ajouté, en répétant : « Il faut passer à la vitesse supérieure. »