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25/09/2016

L’Argentine réclame toujours les Malouines après le Brexit

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L’Argentine réclame toujours les Malouines après le Brexit

Les îles Malouines ont voté pour rester au sein du Royaume-Uni en 2013.

Free Wind 2014 / Shutterstock

Le président argentin, Mauricio Macri, a confirmé le 4 juillet que les revendications de l’Argentine sur les îles Malouines n’avaient pas changé après le référendum britannique, lors d’une visite à Bruxelles.

« Brexit ou non, nos revendications ne changeront jamais », a déclaré Mauricio Macri à la presse, après son échange avec les dirigeants de l’UE à Bruxelles.

Le vote de la Grande-Bretagne pour quitter l’UE a provoqué l’incertitude concernant la place du pays sur la scène internationale, et notamment sur le soutien des États européens en ce qui concerne les îles Malouines.

Après le referendum, l’Espagne a réaffirmé que le contrôle de Gibraltar, au sud du pays, lui revenait, poussant Londres à défendre ses territoires outre-mer.

>> Lire : Avenir incertain pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar

En ce qui concerne les Malouines, le président argentin a précisé que ces revendications « n’étaient pas neuves » et espéré pouvoir « établir un dialogue » avec la Grande-Bretagne. « Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas coopérer avec les Britanniques sur d’autres questions », assure-t-il. 

« J’avais déjà abordé le sujet avec David Cameron. J’espère que nous trouverons un terrain d’entente avec son successeur pour initier un dialogue. Même si cela prendra certainement des années, c’est un point de départ important. »

La Grande-Bretagne et l’Argentine se sont affrontées lors d’une guerre, courte mais sanglante, pour la possession des îles Malouines dans le sud de l’Atlantique en 1982. 649 soldats argentins, 255 soldats britanniques et 3 indigènes ont perdu la vie durant ce conflit.

En 2013, la quasi-totalité des habitants des îles a voté pour rester sous la souveraineté britannique.

Des relations plus étroites

Après la visite du président argentin et de sa ministre des Affaires étrangères, Susana Malcorra, la Haute représentante aux affaires étrangères de l’UE, Federica Mogherini, a expliqué à la presse que des rapprochements étaient déjà visibles, à l’échelle mondiale, régionale et bilatérale.

« C’est la première visite du président argentin à Bruxelles depuis près de vingt ans et ce n’est pas un hasard. C’est le fruit de sept mois d’implication et d’énergie investies par le gouvernement argentin pour renouveler les relations avec nombre de partenaires internationaux, à commencer par l’UE », a expliqué la représentante de la Commission.

Après cette réunion, la banque européenne d’investissement a notamment exprimé son intention de reprendre ses activités avec l’Argentine, selon Federica Mogherini. Elle a également laissé entendre que l’UE et l’Argentine coopèreraient très étroitement pour la présidence argentine au G20 en 2018, mais aussi sur la question de l’immigration.

« Nous saluons le rôle qu’a adopté et continuera de jouer l’Argentine, qui partage la responsabilité de l’accueil des réfugiés à l’échelle mondiale. Fidèle à son histoire d’immigration, elle honore ses traditions de la meilleure manière possible », a-t-elle ajouté.

Les deux parties coopèreront également sur des missions de paix, a souligné la Commission dans un communiqué. L’Argentine est un acteur majeur dans les missions de paix de l’ONU et l’UE explorera les possibilités pour que Buenos Aires participe aux missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). L’UE et l’Argentine ont également signé un mémorandum d’entente qui leur permettra de travailler main dans la main pour une coopération internationale dans les pays tiers.

Relation avec le Mercosur

La Haute représentante a également salué l’initiative de Mauricio Macri dans le développement des relations entre l’UE et le Mercosur qui ont permis de rouvrir les négociations sur l’accord UE-Mercosur. Des offres de libre-accès ont été échangées en mai, et les négociateurs se sont récemment rencontrés pour se mettre d’accord sur la direction des premières négociations au mois d’octobre.

Elle a également souligné la coopération bilatérale UE-Argentine pour l’énergie, les affaires, le commerce, les investissements, mais aussi le changement climatique, le développement urbain et régional, la sécurité des citoyens et la lutte contre le trafic de drogue.

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