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29/09/2016

L’Autriche tente de rapprocher Bruxelles et Moscou

L'Europe dans le monde

L’Autriche tente de rapprocher Bruxelles et Moscou

Heinz Fischer et Vladimir Poutine

[Peter Lechner/HBF]

Les relations entre Bruxelles et Moscou pourraient se réchauffer, puisque Vladimir Poutine a émis l’idée d’une coopération dans la crise des réfugiés, lors d’une visite du président autrichien. Un article d’EurActiv Allemagne.

Le voyage d’Heinz Fischer à Moscou est sa dernière en tant que président de l’Autriche avant les élections qui auront lieu à la fin du mois. Une visite qui a eu lieu dans un contexte de tensions continues entre l’EU et Moscou.

Une délégation autrichienne de haut vol, constituée du président, de quatre membres du gouvernement et du président de la chambre de commerce, a rencontré un large panel de dirigeants russes, ce qui démontre l’importance de cette visite pour les deux parties.

Dans une déclaration commune à la presse, Vladimir Poutine a parlé de la nécessité d’endiguer l’afflux de réfugiés venant du Moyen-Orient en créant des opportunités dans leurs régions d’origine. Pour rendre cela possible, la communauté internationale doit coopérer face à la guerre civile en Syrie et au terrorisme islamiste, a-t-il insisté.

La France et l’Italie font partie des pays européens qui souhaitent adoucir les sanctions contre la Russie. Néanmoins, étant donné les troubles en Ukraine et en Crimée, Bruxelles n’est pas prête de changer de position.

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Les relations entre Vienne et Moscou ne sont pas seulement façonnées par des considérations économiques, même si 1 200 entreprises autrichiennes ont des liens avec la Russie. L’ancienne URSS, ainsi que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France sont cosignataires du traité d’État de 1955, qui rétablit l’Autriche comme état souverain indépendant. Une relation étroite a survécu entre Moscou et Vienne, même après la chute de l’Union soviétique.

Selon le média d’État russe, le président Fischer aurait dit à Sergey Narshkin, président de la Douma, qu’il était « important de trouver un moyen de lever et surmonter ces sanctions ».

Le bureau du président autrichien s’est empressé de contextualiser ces déclarations et Heinz Fischer a lui-même rappelé lors de sa réunion avec Poutine que « l’Autriche [continuerait] de respecter les sanctions européennes ». Le bureau de Heinz Fischer a également expliqué que la levée des sanctions ne serait possible que grâce à une coopération étroite dans toute l’UE et seulement si des progrès significatifs étaient observés dans l’application du processus de paix de Minsk.

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C’est surtout à travers les mots de l’ambassadeur Emil Brix que l’Autriche a montré son rôle de médiateur entre l’Europe et la Russie : « L’idée est de développer un dialogue avec la Russie. Pour faire face au terrorisme et à la crise économique que notre continent traverse, l’Europe et la Russie ne peuvent qu’agir ensemble ».

Les conséquences des sanctions sur les entreprises et les citoyens russes se sont fait ressentir lorsque le Premier ministre Dmitry Medvedev a reconnu que les relations UE-Russie étaient loin d’être parfaites et qu’elles ne bénéficiaient ni à l’économie russe ni à l’économie autrichienne. Pour réchauffer les relations encore gelées avec l’UE, la Russie devra toutefois accepter un compromis sur l’Ukraine.

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