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25/05/2016

Avalanche de critiques en France contre l’accord UE-Turquie

L'Europe dans le monde

Avalanche de critiques en France contre l’accord UE-Turquie

Pour Benoît Hamon, l'accord consiste à sous-traiter les migrants à la Turquie.

[PS]

Après l’Ofpra, qui refuse de participer au renvoi des réfugiés en Turquie, de nombreuses personnalités françaises s’offusquent de l’accord UE-Turquie.

L’ex-ministre PS Benoît Hamon a estimé le 21 mars sur France Inter que la France était « devenue un nain politique en Europe », après l’accord conclu avec la Turquie sur l’accueil des réfugiés.

Le député frondeur a dénoncé cet accord, entré en vigueur ce week-end, qui consiste selon lui à « sous-traiter les migrants à la Turquie ». Il a également accusé le gouvernement de ne pas avoir assez pesé dans les négociations : « La France est devenue un nain politique en Europe. »

Sur la question des migrants, M. Hamon estime que « l’on est à un moment charnière » et craint que le projet européen ne soit « menacé ». « On renonce à des principes fondateurs de l’Union européenne », a t-il déploré.

L’accord noué avec la Turquie a suscité d’autres critiques à gauche le lundi 21 mars. Le porte-parole d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, a parlé, dans un communiqué, de « honte indicible », regrettant que l’Europe « achète sa bonne conscience ».

>> Lire : Accord sans précédent pour stopper l’afflux de migrants vers l’Europe

Karine Berger, députée PS, a elle dénoncé sur Twitter les manquements aux droits de l’Homme en Turquie : « L’Europe doit exiger l’État de droit en Turquie avant de passer des accords : nouvelle vague d’arrestation d’avocats. »

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a également réagi sur le réseau social, qualifiant de « déshonneur » l’accord conclu avec la Turquie, qui « multiplie les atteintes aux libertés ».

>> Lire : Les doutes sur la légalité de l’accord UE-Turquie se multiplient

Envoi d’experts français

L’accord trouvé vendredi entre l’Union européenne et Ankara prévoit de renvoyer en Turquie les nouveaux migrants arrivant sur les îles grecques, y compris les Syriens demandeurs d’asile. Sur place, les dossiers des demandeurs d’asile doivent être examinés et pour cela, la France va dépêcher en Grèce une centaine d’experts.

Ceux-ci viendront « de l’Ofpra, de l’Ofii et des préfectures » selon le ministère de l’Intérieur.

Ces fonctionnaires, dont la répartition n’est « pas calée », seront mis à disposition du Bureau européen d’appui sur l’asile (ou EASO) par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui a en France mission d’examiner les demandes d’asile ; par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), chargé de la logistique d’accueil, et par les préfectures, a-t-on précisé.

L’envoi de cette délégation avait été annoncé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans une lettre commune avec son homologue allemand Thomas de Maizière, rendue publique samedi.

Doute sur la légalité du système

À l’Ofpra, on souligne que l’Office va proposer des effectifs pour procéder à des missions de relocalisation — c’est-à-dire dans le cadre de l’accord européen conclu l’été dernier pour répartir 160 000 réfugiés dans les États membres.

En revanche, l’Ofpra « ne prévoit pas de participer à un mécanisme de reconduite vers la Turquie », a-t-on précisé.

La légalité du mécanisme du renvoi, au regard des règles du droit d’asile, risque en effet de poser question.

Du côté de l’Ofii, on compte « puiser immédiatement dans le réservoir d’une dizaine d’experts dont nous disposons, et que nous allons mobiliser pour renforcer l’équipe déjà à Athènes dans le cadre de la relocalisation ».

En ce qui concerne les missions, l’Ofii compte « aider à l’enregistrement des demandeurs d’asile », a précisé Didier Leschi, le directeur général de l’Office.

Dans la lettre franco-allemande, Bernard Cazeneuve précisait que la France était disposée à fournir « jusqu’à 200 agents supplémentaires à l’agence Frontex », l’agence européenne de coordination de la surveillance des frontières, « et jusqu’à 100 personnels dans le cadre de cadre d’EASO », l’agence européenne chargée de l’asile.

Accord UE-Turquie, nouveau travail d’Hercule pour la Grèce

Orchestrer le renvoi en Turquie des nouveaux arrivants sur ses îles, gérer ceux qui sont bloqués sur son territoire, le tout en respectant le droit d’asile : c’est le travail d’Hercule auquel la Grèce doit s’atteler samedi en application de l’accord conclu à Bruxelles entre la Turquie et l’Union européenne.

Selon la Commission européenne, quelque 4 000 spécialistes vont …

EurActiv.fr